Telle est la situation de l’armée en Espagne et en Portugal.

1ere Observation.—Les événemens qui se passent aujourd’hui et demain amélioreront beaucoup la situation de toutes les affaires, en jettant dans la Galice le général Cuesta, en lui ôtant ses communications avec l’Estramadure, Madrid et l’Andalousie, en assurant nôtre communication avec le Portugal, et en assurant la soumission des provinces de Salamanque, Zamora, Toro, &a.

La manière dont ces événemens auront lieu décideront à entrer sur le champ en Galice, à soumettre les Asturies, ou à différer encore quelques jours.

2e Observation.—La Navarre et la Biscaye se sont maintenues tranquilles.

En Arragon le plat pays a été soumis, les rebelles ont été battus plusieurs fois; avec deux seuls bataillons, 8 à 10 mille insurgés ont été détruits ou dispersés; le découragement est à dernier point parmi eux. Ils se sont défendus dans leurs maisons à Saragosse; on les a bombardé; on leur a fait beaucoup de mal; on achève aujourd’hui de bloquer la ville en jettant un pont sur l’Ebre. Une fois cette ville soumise, il n’y a pas de doute que tout l’Arragon ne devienne tranquille. Une partie des troupes sera cependant nécessaire pour maintenir la province; une petite partie pourra aider à la soumission de la Catalogne. La partie qui est nécessaire pour le bien du service du maréchal Bessières ira le rejoindre. Ainsi cet événement équivaudra à un secours considérable.

3eme Observation.—La première opération du général Reille a débloqué Figuères: il soumet à présent tous les environs. Il ne tardera pas sans doute à s’emparer de Géronne et à établir sa communication par terre avec le général Duhesme. La reduction de Géronne éntamera probablement celle de Lerida; on pourra avoir alors une colonne de deux trois ou mille hommes, qu’on dirigera par Tortose sur Valence.

4eme Observation.—On n’a point de nouvelles de l’expédition de Valence, et le maréchal Moncey a huit mille hommes. Avec ces forces il n’a rien à craindre. Il peut ne pas prendre la ville, qui est très grande, si les paysans s’y sont renfermés et ne craignent point de la ruiner: mais le mal Moncey se maintiendra dans le plat pays, occupera les revoltés, qu’il empêchera de se porter ailleurs, et fera porter au pays tout le poids de la guerre.

5e Observation.—On compte que le général Dupont a aujourd’hui près de 20,000 hommes. Si les opérations du maréchal Bessières réussissent bien, il n’y aura pas d’inconvénient à appuyer encore le général Dupont et à lui permettre de reprendre l’offensive. Ainsi les deux points importans, et où on fera une véritable guerre reglée, sont la Galice et l’Andalousie, parceque les troupes du camp de St. Roche, de Cadiz, des Algarves, sont près de 25 mille hommes, qu’elles ont pris parti pour la sedition de Seville en Andalousie, et que tout ce qui était à Porto a pris parti pour les rebelles de Galice.

Le point le plus important de tous est celui du mal Bessières, comme on l’a déjà vu dans la note qu’on a envoyé. On doit tout faire pour que ce corps n’éprouve aucun mouvement rétrograde, aucun échec; celui du général Dupont vient après.

Les affaires de Saragosse sont au 3e ordre; celles de Valence ne sont qu’en 4me.