1ere Observation.—Dans la position de l’armée d’Espagne on a à craindre d’être attaqué sur le droite par l’armée de Galice, sur le centre par l’armée venant de Madrid, sur le gauche par l’armée venant de Saragosse et Valence. Ce serait une grande faute que de laisser l’armée de Saragosse et de Valence prendre position à Tudela.

Tudela doit être occupé, parceque c’est une position honorable, et Milagro une position obscure.

Tudela est sur les communications de Pampelune, a un beau pont en pierre, est l’aboutissant d’un canal sur Saragosse. C’est une position offensive sur Saragosse telle que l’ennemi ne peut pas la négliger; cette position seule couvre la Navarre. En gardant Tudela, on garde une grande quantité de bateaux, qui nous seront bientôt nécessaires pour le siège de Saragosse.

Si l’ennemi était maître de Tudela, toute la Navarre s’insurgerait, l’ennemi pourrait arriver à Estella, en négligeant la position de Milagro et en coupant la communication avec Pampelune.

D’Estella il serait sur Tolosa; il y serait sans donner le tems de faire les dispositions convenables; il n’est pas à craindre, au contraire, que l’ennemi fasse aucune opération sur Pampelune; tant que nous aurons Tudela, il serait lui-même coupé sur Saragosse.

Le général qui commande à Tudela peut couvrir les hauteurs de redoutes; si c’est une armée d’insurgés, s’en approcher et la battre, la tenir constamment sur le defensive par les reconnoissances et ses mouvemens sur Saragosse.

Et si, au lieu de cela, une partie de l’armée de ligne Espagnole marchait sur Tudela, le général Français repassera l’Ebre, s’il y est forcé, disputera le terrein sur Pampelune, et donnera le tems au général en chef de l’armée Française de prendre ses mésures. Ce corps d’observation remplira alors son but, et aucune opération prompte sur Tolosa ni Estella n’est à craindre.

Au lieu qu’en occupant la position de Milagro, l’ennemi sera à Estella, le même jour qu’on l’apprendra au quartier général. Si on occupe Tudela, il faut s’y aider de redoutes, et s’y établir, n’y conserver aucune espèce d’embarras, et les tenir tous dans Pampelune. Si l’ennemi l’occupe, il faut l’en chasser, et s’y établir; car dans l’ordre défensif, ce serait une grande faute, qui entrainerait de fâcheuses consequences.

2e Observation.—La position de Burgos était également importante à tenir, comme ville de haute réputation, comme centre de communication et de rapports.

Delà des partis non seulement de cavalerie, mais encore de deux ou de trois mille hommes d’infanterie, et même quatre ou cinq mille hommes en échelons peuvent poster les premières patrouilles d’housards dans toutes les directions jusqu’à deux marches, et parfaitement informés de tout ce qui ce fait, en instruire le quartier général, de manière que si l’ennemi se présente en force sur Burgos, les différentes divisions puissent à temps s’y porter pour le soutenir et livrer la bataille, ou si cela n’est pas jugé convenable, éclairer les mouvemens de l’ennemi, lui laisser croire qu’on veut se porter sur Burgos, et pouvoir ensuite faire sa retraite pour se porter ailleurs.