II faudrait donc, pour ne pas retarder la marche de la grande armée, 15 jours avant qu’elle ne puisse arriver, commencer le transport de Pampeluna à Tudela, et que dans les 48 heures après l’investissement de Sarragosse, l’artillerie y arrivât sur des bâteux, de manière que quatre jours après on put commencer trois attaques à la fois, et avoir cette ville en peu de jours, ce qui serait une partie des succès, en y employant 25 à 30 mille hommes, ou plus s’il était nécessaire.
On suppose que, si l’ennemi a pris position entre Madrid et Burgos, il aura été battu.
Il faut donc occuper Tudela. Ce point est tellement important qu’il serait à desirer qu’on put employer un mois à le fortifier et à s’y retrancher de manière qu’un millier d’hommes avec 8 à 10 pièces de canon s’y trouvassent en sûreté et à l’abri de toutes les insurrections possibles. Il ne faut pas surtout souffrir que les revoltés s’y retranchât; ce serait deux sièges au lieu d’une; et il serait impossible de prendre Sarragosse avant d’avoir Tudela, à cause du canal.
On trouvera ci-joint des observations du colonel Lacoste sur Tudela; puisque les localités empêchent de penser à le fortifier, il eût été utile de l’occuper au lieu de Milagro, qui n’aboutit à rien.
2de. Soria n’est je crois qu’à deux petits marches des positions actuelles de l’armée. Cette ville s’est constamment mal comportée. Une expedition qui se porterait sur Soria, la désarmerait, en prendrait une trentaine d’hommes des plus considerables, qu’on enverrait en France pour ôtages, et qui enfin lui ferait fournir des vivres pour l’armée, serait d’un bon effet.
3me. Une troisième opération qui serait utile serait l’occupation de St. Ander. Il serait bien avantageux qu’elle put ce faire par la route directe de Bilbao à St. Ander.
4me. Il faut s’occuper de désarmer la Biscaye et la Navarre; c’est un point important; tout Espagnol pris les armes à la main doit être fusillé.
Il faut veiller sur la fabrique d’armes de Palencia, ne point laisser travailler les ouvriers pour les rebelles.
Le fort de Pancorvo doit être armé et fortifie avec la plus grande activité. Il doit y avoir dans ce fort des fours, des magazins de bouches et de guerre. Situé presqu’à mi-chemin de Bayonne à Madrid, c’est une poste intermédiare pour l’armée, et un point d’appui pour les opérations de la Galicie.