7me. Une observation qu’il n’est pas hors de propos de faire ici c’est, que l’ennemi, qui a intérêt de masquer ses forces, en cachant le véritable point de son attaque, opère de manière que le coup qu’il veut porter n’est jamais indiqué d’une manière positive, et le général ne peut deviner que par la connaissance bien approfondie de sa position, et la manière dont il fait entrer son système offensive, pour proteger et garantir son système défensive.

8me. On n’a point de renseignements sur ce que fait l’ennemi. On dit toujours qu’on ne peut pas avoir des nouvelles, comme si cette position était extraordinaire dans une armée, comme si on trouvait ordinairement des éspions. Il faut en Espagne, comme partout ailleurs, envoyer des parties qui enlevent tantôt le curé ou l’alcalde, tantôt un chef de couvent ou le maître de poste, et surtout toutes les lettres, quelquefois le maître de la poste, aux douanes, ou celui qui en fait les fonctions, ou les met aux arrêts jusqu’à ce qu’ils parlent, en les faisant interroger deux fois par jour; on les garde en ôtage, et on les charge d’envoyer des piétons, et de donner des nouvelles.

Quand on saura prendre des mésures de force et de vigueur, on aura des nouvelles; il faut intercepter toutes les postes, toutes les lettres.

Le seul motif d’avoir des nouvelles peut determiner à faire un gros détachement de quatre à cinq milles hommes, qui se portent dans une grande ville, prennent les lettres à la poste, se saississent des citoyens les plus aisés de leurs lettres, papiers, gazettes, etc.

Il est hors de doute que même dans la ligne des Français les habitants sont tous informés de ce qui se passe: à plus forte raison hors de la ligne. Qui empêche donc, qu’on prenne les hommes marquants, et qu’on les renvoyé ensuite sans les maltraiter?

Il est donc de fait, lorsqu’on n’est point dans un désert, et qu’on est dans un pays peuple, que si le general n’est pas instruit, c’est qu’il n’a pas su prendre les mésures convenables pour l’être.

Les services que les habitants rendent à un général ennemi, ils ne le font jamais par affection, ni même pour avoir de l’argent; les plus réels qu’on obtient c’est pour avoir de sauve-gardes, et de protections; c’est pour conserver ses biens, ses jours, sa ville, son monastère.


The original of the following memoir is a rough draft, written by king Joseph. It has many erasures and interlineations, and was evidently composed to excuse his retreat from Madrid. The number of the French troops was undoubtedly greater than is here set down, unless the infantry alone be meant.

No. VI.