“J’aurai voulu pour que S.M. fut mieux instruite de tout ce que s’est fait en Andalousie pouvoir entrer dans des détails plus étendus; mais j’ai dû me borner à traiter des points principaux, les détails se trouvent dans ma correspondance, et dans les rapports de Monsieur l’intendant général sur l’administration. Cependant d’après ce que j’ai dit S.M. aura une idée exacte des opérations administratives et autres qui ont eu lieu, ainsi que de l’état de ses troupes et des embarras de ma situation: elle est telle aujourd’hui que je dois supplier avec la plus vive instance S.M. au nom même de son service de daigner la prendre en considération: j’ai des devoirs à remplir dont je sais toute l’étendue, je m’y livre sans réserve mais la responsabilité est trop forte pour que dans la position où je me trouve je puisse la soutenir; en effet j’ai à combattre des prétentions et des intérêts qui sont évidemment en opposition avec ceux de l’armée et par conséquent avec ceux de l’empereur; je suis forcé par mes propres devoirs de m’opposer à l’exécution des divers ordres que le roi donne et faire souvent le contraire. J’ai aussi constamment à lutter contre l’amour propre des chefs militaires, que souvent peuvent différer d’opinion avec moi et naturellement prétendent faire prévaloir leurs idées. Toutes ces considérations me font regarder la tâche qui m’est imposée comme au dessus de mes forces et me portent à désirer que S.M. l’empereur daigne me faire connaître ses intentions ou pourvoir à mon remplacement et mettre à la tête de son armée dans le midi de l’Espagne, un chef plus capable que moi d’en diriger les opérations. Je me permettrai seulement de faire observer à ce sujet que le bien du service de l’empereur commande impérieusement que toutes les troupes qui sont dans le midi de l’Espagne depuis le Tage jusqu’aux deux mers suivent le même système d’opérations, et soyent par conséquent commandés par un seul chef lequel doit être dans la pensée de l’empereur, et avoir ses instructions afin que le cas se présentant où il lui serait fait opposition d’une manière quelconque, il puisse se conduire en conséquence et parvenir au but qui lui sera indiqué; tout autre système retardera la marche des affaires et occasionera inévitablement des désagréments qu’on peut autrement éviter.”
“J’ai l’honneur, &c.
“(Signé) Le Maréchal Duc de Dalmatie.”
SECTION 2.
Intercepted Letter from marshal Mortier to the emperor, 13th July, 1810.
SIRE,
L’état de nullité où je suis depuis que Monsieur le duc de Dalmatie, major général, a pris l’initiative de tous les movemens même le plus minutieux de 5eme corps rend ici ma presence tout à fait inutile, il ne me reste que le chagrin de voir d’excellentes troupes animées du meilleur esprit, disseminées dans toute l’Andalusie et perdant tous les jours de braves gens sans but ni résultat. Dans cet état des choses je prie V.M. de vouloir bien me permettra des me retirer à Burgos pour y attendre des ordres s’il ne juge pas à propos de m’accorder un congé pour retourner en France, congé que reclame ma santé à la suite d’une maladie grave dont je suis à peine convalescent.
J’ai l’honneur, &c. &c.
Le Mareschal Duc de Trévise.
No. VII.
SECTION 1.