A Monsieur le maréchal due d’Istrie, Paris, le 3 Avril, 1811.
Le general Foy est arrivé, Monsieur le maréchal duc d’Istrie, ainsi que les deux aides-de-camp du maréchal prince d’Essling, le capitaine Porcher, et le chef d’escadron Pelet. Il parait que le prince d’Essling avec son corps d’armée prend position à Guarda, Belmonte, et Alfuyates. Ainsi il protège Ciudad Rodrigo, Almeyda, Madrid et l’Andalousie. Ses communications doivent s’établir facilement avec l’armée du midi par Alcantara et Badajoz. Si ce qu’on ne prévoit pas, le prince d’Essling étoit vivement attaqué par l’armée Anglaise, l’empereur pense que vous pourriez le soutenir avec une 15ne. de milles hommes. L’armée du centre doit avoir poussé un corps sur Alcantara. L’armée du midi sera renforcée par ce que vous aurez déjà fait partir, et d’après le prince d’Essling, elle va se trouver assez forte pour ne rien craindre de l’ennemi * * * *
(Le reste est sans intérêt.)
Le Major Général,
(Signé) Alexandre.
SECTION 16.
A Monsieur le maréchal duc d’Istrie, Salamanque, le 17 Avril, 1811.
MON CHER MARECHAL,
Le général Reynaud, commandant supérieur à Rodrigo, ainsi que le général Marchand, qui est avec sa division autour de cette place, me rendent compte que 2 divisions Portugaises avec une division Anglaise ont pris position aux environs d’Almeyda. Quoique cette place ait encore des vivres pour une 20ne de jours, et que les Anglais et les Portugais meurent de faim dans leurs positions, il faut faire des dispositions pour les chasser au delà de la Coa, et pour ravitailler cette place. Je vous propose en conséquence, mon cher maréchal, de mettre à ma disposition 12 à 1500 chevaux, ceux de l’armée de Portugal n’étant en état de rendre aucun service; je vous demande de plus une division d’infanterie pour placer en réserve. Vers le 24 ou le 29, ces forces se joindront aux 6 divisions que je compte réunir de l’armée de Portugal pour attaquer l’ennemi, s’il nous attend dans ses positions et le chasser au delà de la Coa. Il est impossible de faire faire le moindre mouvement à toutes ces troupes, du moins à celles de l’armée de Portugal pour attaquer l’ennemi; si on ne peut leur faire distribuer pour 10 jours de biscuit et avoir de l’eau de vie à la suite de l’armée. Je vous demande encore 15 à 18 pièces d’artillerie bien attelées, celles à mes ordres étant hors d’état de marcher. Avec ces moyens, nul doute que l’ennemi ne soit déposté et chassé hors des frontières de l’Espagne et au delà de la Coa. Mon cher maréchal, je vis ici au jour le jour; je suis sans le sol, vous pouvez tout; il faut donc nous envoyer du biscuit, de l’eau de vie, du pain et de l’orge. Ce sera avec ces moyens que nous pourrons manœuvrer. Il ne faut pas perdre un instant. Il est très urgent de marcher au secours d’Almeyda. C’est à vous à donner vos ordres; et vous me trouverez porté de la meilleure volonté à faire tout ce qui sera convenable aux intérêts de S. M.
(Signé) Le Prince d’Essling.
SECTION 17.