He then proceeds to relate the proceedings of the Danish Monarch against the Nobility, in the way of accusation, by means of his ministers the Danish Bishops, and the Pope's Bull; and having described their pleas, &c. thus continues:

"Ce Prince sortit ensuite de l'Assemblée, comme s'il cut voulu laisser la liberté aux commissaires de délibérer: mais en même tems on vit entrer une troupe de soldats de ses gardes, qui arrêtoient la veuve de l'Administrateur (Christina), les Senateurs, les Evêques même, et tout ce qui se trouva de Seigneurs et de Gentilshommes Suédois dans le château.

"Les Evêques Danois, commissaires du Pape, commencèrent à instruire leur procès comme à des héretiques, et comme s'ils eussent êté en pays d'inquisition; mais la procedure étant trop longue pour des gens qui étoient déjà condamnés, Christierne, dans la crainte qu'il ne se fît quelque revolte en leur faveur, leur envoya des bourreaux sans autre formalité, pour leur annoncer qu'il falloit mourir.

"Le huitième de Novembre fut destiné pour leur supplice; on entendit dès le matin des trompettes et des hérauts de la part du Prince, qui défendoient à qui que ce fût de sortir de la ville, sous peine de la vie: toute la garrison étoit sous les armes: il y avoit des corps de garde aux portes, et dans toutes les places. Le canon prêt à tirer étoit dans la grande place, la bouche tournée contre les principals rues; tout le monde étoit dans une profonde consternation; ou ne savoit à quoi aboutiroient ces mouvemens extraordinaires, lorsque sur le midi ou vit ouvrir les portes du château, et, au travers de deux files de soldats, des illustres prisonniers, la plupart encore avec les marques de leur dignité, conduits à la mort par des bourreaux.

"Si-tôt qu'ils furent arrivés au lieu de leur supplice, un officier Danois lût tout haut la bulle du pape, comme l'arrêt de leur condemnation, et il ajouta que dans le châtiment des coupables, le Roi ne faisoit rien que par l'ordonnance des commissaires apostoliques, et que suivant le conseil de l'Archevèque d'Upsal. Les Evêques condamnés, et les autres prisonniers, demandèrent avec instance des confesseurs; mais Christierne leur refusa cette consolation avec beaucoup d'inhumanité, soit que ce Prince trouvât un rafinement de vengeance à étendre son ressentiment sur les choses de l'autre vie, où qu'il ne voulût pas qu'on traitât en Catholiques des gens qu'on venoit de condamner comme héretiques: il sacrifia par la même politique ses amis et ses partisans, pour n'être pas soupçonné d'avoir fait périr ses ennemis: toute l'ardeur et tout le zêle que les Evêques de Stregnez et de Scara avoient fait paroître pour ses interêts, ne purent les exempter de la mort, la qualité de Sénateurs leur coûta la vie, et la signature qu'ils avoient mise à la condamnation de l'Archevêque avec les autres Sénateurs, fut la prétexte de leur supplice."

(He mentions here the stratagem of Bishop Brask, related in a former note.)

"On exécuta ensuite" (i.e. after the execution of the Bishops) "tous les Senateurs seculiers: on commença par Eric Vasa, père de Gustave; les Consules et les Magistrats de Stocolme, et quatre-vingt quatorze Senateurs, qui avoient été arrêtés dans le Chateau, eurent la même destinée.

"Le Roi n'apprit qu'avec un violent chagrin qu'on n'avoit pû faire périr quelques Seigneurs qu'il avoit proscrits particulièrement, et qu'on croyoit qu'ils étoient cachés dans la ville. La crainte qu'ils n'échappassent, et l'espérance de décourrir la rétraite de Gustave, qu'il soupçonnoit d'être caché dans Stocolme, lui fit confondre les innocens avec les coupables. Il abandonna la ville à la fureur de ses troupes: les soldats se jettèrent d'abord sur le peuple qui étoit accoura à ce triste spectacle: ils frappoient et ils tuoient indifferemment tous ceux qui étoient assez malheureux pour se rencoutrer à leur chemin: ils passèrent ensuite dans les meilleurs maisons de la ville, sous prétexte de chercher Gustave et les autres proscrits; ils poignardoient les bourgeois jusque dans les bras de leur femmes; les maisons furent mises au pillage, et la pudicité des femmes et des filles exposée à la brutalité des soldats. Rien ne fut épargué que la laideur et la pauvreté: tout le reste devint la proie du soldat furieux, qui, sous les ordres et à l'exemple de son souverain, se faisoit un mérite de sa fureur et de son emportement."

236.

And strive which first shall see the morn arise—