Pour les Hongrois, nous pouvons leur assigner une seconde station en Perse. Plusieurs historiens assurent que les Magyars s'y sont arrêtés [86]. Engel lui-même le reconnaissait, comme le prouve une phrase qui a été citée plus haut. Du Buat rapporte que les rois de Perse, au cinquième et au sixième siècle, avaient des Huns dans leurs armées. Or, à cette époque, ceux que nous désignons sous le nom de Huns étaient écrasés et dispersés en Europe. Il est ici question des Hongrois. Ce qui est non moins significatif que les preuves historiques, c'est que les Hongrois avaient emprunté aux Persans leurs croyances religieuses, et même jusqu'au nom par lequel ils désignaient Dieu. Il faut se rappeler la quantité de mots persans que contient la langue magyare [87]. MM. de Szemere et *** ont vu en Perse des montagnes, des fleuves, qui portent des noms hongrois. D'ailleurs les Hongrois, par leur physionomie, se rapprochent des Persans plus que de tout autre peuple.

[Note 86: ][ (retour) ] V. la chronique de Kéza, le plus ancien des annalistes hongrois.

[Note 87: ][ (retour) ] Les Hongrois ont toujours comparé leur langue aux langues orientales. Récemment encore M. Horvát (Tudományos Gyüjtemény, 1833, 6ik, 7ik Kötet. Collection scientifique de Pesth), a montré les rapports du hongrois et du turc. M. Valentin Kis (Magyar Régiségek, Pesten, 1839, Antiquités hongroises) a fait voir les analogies du hongrois et du persan, etc. Nous reproduirons ces idées dans un ouvrage spécial.

Nous retrouvons ensuite les Magyars au Caucase, où leur séjour est attesté non seulement par les traditions des peuples ainsi qu'on peut le voir dans les notes qui suivent, mais encore par les récits de l'historien arabe Mahommed-Aiwabi-Achtachi. Les Hongrois enfin ont occupé la Scythie, puis la Lébédie, ce dont tout le monde convient, et ont paru en Pannonie.

Si nous ne pouvons suivre les Magyars pas à pas, du moins nous est-il permis de leur assigner ces trois grandes stations: le nord de la Chine, la Perse et le Caucase.

Cet itinéraire s'accorde parfaitement avec tout ce que nous avons dit jusqu'ici.

Résumons en effet cette esquisse.


§ 7.