Un instant après, nos deux voyageurs voient arriver sur eux des soldats aériens lunaires faisant l'exercice. Ces voltigeurs d'élite, munis d'ailes mises en mouvement par un petit appareil électrique qu'ils portent à leur ceinture, effraient tellement le malheureux Papavoine qu'il tombe à genoux en s'écriant: «—O mon maître! dans quel chien de pays m'avez-vous conduit! Nous n'y rencontrons à chaque pas que des dangers successifs et des émotions épouvantables! Nous voici maintenant entourés d'un tas de voleurs ailés et terriblement armés. Grâce! messieurs les voleurs, ne nous faites pas de mal!»—M. Baboulifiche, totalement abruti, reste étalé sur le sol, la face cachée entre ses mains et ne répond rien.—Mais combien son silence est éloquent.

Les lanciers-voltigeurs ayant passé sans leur faire aucun mal, M. Baboulifiche et Papavoine se relèvent, prennent leurs jambes à leur cou et vont se réfugier dans une grotte voisine, où ils ne tardent pas à rencontrer des habitants à quatre pattes et à longues dents qui leur font encore une peur atroce.—Ne sachant comment échapper à ce nouveau danger, ils imaginent d'enfourcher d'énormes chauves-souris qui les entraînent hors de la grotte et s'envolent en les emportant sur le dos.

Course vertigineuse de M. Baboulifiche et de son domestique Papavoine à travers les espaces célestes, sur le dos des chauves-souris lunaires.