[412] L'opinion que les États Généraux de Hollande favorisaient en secret l'entreprise du baron de Neuhoff, était cependant assez répandue. Dans un document intitulé: Mémoires de certaines intrigues de Théodore, qui se trouve aux Archives du Ministère des affaires étrangères, dans la Correspondance de Corse, vol. 2, on lit: «Il (Théodore) fut arrêté pour dettes en arrivant à Amsterdam, mais ayant trouvé un des juifs avec lequel il avait fait un traité de leur remettre San Fiorenzo ou Portovecchio, selon qu'il leur conviendrait, ce juif, dis-je, paya pour lui et le produisit à ses correspondants Lucas Boon, Tronchin et Neufville, qui firent un fonds en marchandises et munitions de cinq millions. Il est à présumer que ces marchands n'étaient que procureurs dans cette affaire, puisque Théodore s'obligeait de leur donner pour sûreté de leurs avances Ajaccio jusqu'à l'entier payement de la somme. Quelles troupes ont des marchands pour garder une forteresse dans un pays où la guerre est actuellement, si les États eux-mêmes n'y avaient pris des engagements secrets. De plus, l'armement des trois vaisseaux qui s'étaient présentés sur les côtes de Corse, s'était fait assez publiquement en Hollande pour que les États ne l'eussent pas ignoré».

[413] La lettre des États Généraux à la République de Gênes parle d'un autre navire qui se serait trouvé dans le même cas que La Demoiselle Agathe, Le Maria Jacoba, capitaine Cornelius Roos. Ce bâtiment avait été surveillé et visité par les Génois à Livourne contre tout droit.

[414] Les États Généraux des Provinces-Unies des Pays-Bas à la Sérénissime République de Gênes. La Haye, le 23 novembre 1737, Filza I, 2121 (1737-1738). Archives d'État de Gênes, archives secrètes.

[415] Lettre de Van Sil du 15 octobre 1737 sans nom de destinataire: loc. cit. Archives d'État de Gênes, archives secrètes.

[416] Copie d'une lettre d'Amsterdam du 23 octobre 1737, communiquée avec la lettre de Fénelon à Amelot du 29 octobre: Correspondance de Hollande, vol. 424. Archives du Ministère des affaires étrangères.

En envoyant cette copie Fénelon écrivait:

«Je joins ici la copie d'une lettre qui a été écrite d'Amsterdam et qui m'a été confiée. Ce qui est dit de M. Dedieu, qui a été fourni par la ville d'Amsterdam pour premier commissaire aux conférences d'Anvers et pour qui l'agent arrivé de Corse avait une commission, et bien d'autres particularités qui se peuvent joindre, ont assurément de quoi donner de fortes indices que l'Angleterre s'est intéressée pour procurer les facilités que le baron de Neuhoff a trouvées non seulement pour se tirer des mains de ses créanciers qui l'avaient fait arrêter à Amsterdam, mais encore pour s'y pourvoir de tout ce qu'il en a tiré en munitions, armes, etc... et qui ont suivi ou devancé son retour en Corse. L'Angleterre n'aura pas pris cet intérêt sans vue (en chiffres). Celle de prendre le contrepied de nous dans une affaire qu'elle croirait propre à nous mettre moins bien avec l'Espagne serait remarquable.»

La diplomatie française voulait voir dans l'équipée de Théodore des menées anglaises. Ses craintes ne semblaient pas justifiées. Plus tard, l'Angleterre favorisera les entreprises de Théodore. Pour l'instant, ce n'était qu'un coup de commerce tenté par des trafiquants trop crédules.

[417] Pignon à Amelot, Livourne, 13 janvier 1738: Abbé Letteron, Pièces et documents, p. 95-99.

[418] Puisieux à Amelot, Naples, le 2 janvier 1738: Correspondance de Naples, vol. 35. Archives du Ministère des affaires étrangères.