Théodore débarqua à Livourne le 14 novembre, à quatre heures de l'après-midi, en s'entourant du plus grand mystère[ [334]. Il n'avait plus rien avec lui, sauf quelques bribes d'argenterie, restes d'une splendeur éphémère.

CHAPITRE IV

La fuite de Théodore et les gazettes.—Séjour à Florence.—Jean-Gaston de Médicis et le roi de Corse.—Inquiétude des Génois.—Leurs démarches à Paris.—Passage de Théodore en France.

Son arrivée en Hollande.—Son arrestation pour dettes.—Il est mis en liberté.

Il monte une opération commerciale.—Ses commanditaires.—Il frète des navires.—Son voyage sur la Demoiselle Agathe.—Ses aventures à Lisbonne et à Oran.—Sa fuite en pleine mer.

La Demoiselle Agathe à Livourne.—Denis Richard.—Aventure tragique du Yong-Rombout.—Intrigues à Naples.—Protestation des Génois.—Réponse des États-Généraux de Hollande.—Mort de Costa.

I

La fuite de Théodore avait été promptement connue en Europe. Les gazettes en racontèrent les péripéties. Mais aussitôt après le débarquement des fugitifs à Livourne, on avait perdu leurs traces[ [335].

Le marquis de Rivarola, vice-roi de Sardaigne,[ [336] avait fait saisir au mois de novembre un paquet de lettres de Théodore. Cette correspondance avait été envoyée par un certain Mela à sa femme, avec recommandation de la faire tenir au consul d'Angleterre. Il y avait deux lettres pour Livourne, deux à destination d'Alger et enfin une pour le consul anglais, dans laquelle Neuhoff lui promettait une forte récompense s'il pouvait lui fournir de l'artillerie et des munitions et il affirmait qu'il était d'accord en cela avec la cour de Londres[ [337].