Il brise son écu et rompt son haubert,
Lui enfonce dans le corps les pans du gonfanon,
De ce rude coup de lance, le renverse mort de l'arçon.
[169] Dans le Roman de Rou, postérieur à la Chanson de Roland, la lutte présente les mêmes caractères. Les combattants se précipitent les uns contre les autres se portant des coups violents qui parfois donnent la mort, parfois désarçonnent les cavaliers, ou brisent seulement leurs lances dont les éclats volent en l'air. A titre d'exemple nous citons ce passage, v. 6733.
| Dunc vessiez dures médlées | Vous auriez vu de rudes mêlées, |
| Colps de lances et colps d'espées | Des coups de lance, des coups d'épée, |
| Fraindre lances et peschoier: | Des lances brisées et abattues, |
| Baruns chair, selles vidier | Des barons tomber, et abandonner leurs selles, |
| Mult veissiez vassals juster, | Bien des chevaliers combattre, |
| Li uns, li altres encuntrer, | Aller au-devant les uns des autres, |
| L'un cheval à l'altre hurter | Le cheval de l'un heurtant celui de l'autre, |
| E traverser et tresturner; | Le dépasser et revenir, |
| Li trus des lances has voler. | El les tronçons de lances haut voler. |
[170] On ne s'est peut-être pas assez préoccupé de l'escrime adoptée pour classer nos vieux poèmes du moyen âge. Pourtant on y trouverait des arguments sérieux, qui viendraient corroborer les données de la linguistique; ainsi comme preuve de l'antiquité de la mort de Germond, ne peut-on pas faire remarquer que les chevaliers s'y servent encore de leurs lances comme d'un javelot, ainsi que faisaient les Grecs et les Romains?
[171] Ibid., p. 23.
[172] Ibid., p. 42.
[173] The Norman Conquest, III, p. 572.
[174] Die Bayeux-Tapete, p. 45.
[175] The Norman Conquest, III, p. 572.