Nous sommes au camp, et nous assistons à la préparation du repas qui comprend trois phases distinctes, que l'inscription a soin de bien préciser. D'abord on fait cuire la viande, coquitur caro; puis on la retire du feu, et on la remet à des écuyers chargés de dresser les plats dans une sorte d'office improvisé, ministraverunt ministri, enfin on les sert sur la table, fecerunt prandium.

On fait la cuisine en plein air. Le portique indique que le repas de Guillaume est servi à part, peut-être dans une maison voisine. Enfin, quand tout est prêt, on sonne du cor pour appeler les convives, conformément à un usage probablement ancien, et qui se continuera pendant le moyen âge, comme l'attestent nos chansons de geste.

On a dû apporter de Normandie les ustensiles que nous voyons, notamment ce fourneau, cette marmite, cette barre et ces fourches trop soignées pour être des arbres coupés à la hâte dans la campagne, cette herse avec ses broches chargées de viande.

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PL. V, n° 49.

Voici le repas. L'êvêque bénit la nourriture
et la boisson.

Grâce à ces préparatifs, la table est abondamment servie; mais, sauf un poisson, il est difficile d'identifier les divers objets et victuailles qui l'encombrent.