«O mon regret pour les jours passés
Dans les plaisirs, dans la joie,
Jours favorables et paisibles!
»O séparation des demeures de l’Andalousie,
Donne-moi du répit!
»O Allah! par ta grâce et ton assistance,
Par ton Prophète bien-aimé,
Apaise ma douleur incessante!
»O séparation des demeures de l’Andalousie,
Donne-moi du répit!»
Grenade!... Terre qu’Allah fit enchanteresse! eaux murmurantes, vaste plaine aux horizons infinis, incendiés de soleil, et les blanches sierras glacées!... Divine Grenade où les Maures ajoutèrent de la beauté!
Ils savaient que les eaux doivent ruisseler des vasques et que les jardins pleins de cyprès, de jasmins et de roses, s’encadrent de buis symétriques. Ils savaient qu’aux sommets des plus merveilleuses collines, il faut des palais de marbre où l’on enferme les sultanes...
Qu’avons-nous fait de Grenade après eux?
Qu’avons-nous su?...
«O séparation des demeures de l’Andalousie,
Donne-moi du répit!»
Devant ce riadh frémissant de feuillages et d’esclaves, je sens la détresse de l’Alhambra, de ses cours désertes, mortes... Mais il ne sied pas d’attacher trop d’importance à la musique profane. Ces lamentations n’ont ému que moi, l’étrangère.