—Soit, dis-je à Mina. Et ensuite, que s’est-il passé? Ta sœur est fort amère, quant à la langue. Elle ne ménage point les injures. Ou bien, a-t-elle griffé son mari?

—Par Mouley Yakoub! il faut lui pardonner... sa tête était troublée, elle ne savait plus ce qu’elle faisait...

—Quoi encore? qu’a-t-elle fait?

—C’est le démon qui l’inspira...

La jeune fille reconnaît les torts de Zeïneb et s’obstine à les déplorer, sans m’en donner l’explication.

J’appelle Kaddour qui rôde autour de ma chambre. Il a son air misérable des lendemains de querelle; son teint paraît plus noir, ses yeux grésillants se sont éteints et, lorsque je prononce:

—Zeïneb est au Moristane! Zeïneb, la fille d’un notaire!

Il s’effondre, bouleversé par les remords.

—Nous nous étions disputés pour ce bijou, et, comme je ne voulais pas le lui acheter, elle a lâché mon plus beau canari. Un canari qui m’a coûté dix-huit réaux.

A cette pensée, la colère ranime Kaddour un moment. Je répète: