Le général doit aller ensuite visiter les établissemens que nous possédons sur le continent, tels que Prevesa, Vonizza, Santa-Maura. Il visitera aussi les îles de Zante, Céphalonie, et poussera peut-être jusqu'à Cerigo.

Il persistait à vouloir qu'en son absence je me chargeasse du gouvernement général de Corfou. Cela est-il possible, général? Vous connaissez l'esprit militaire. Des militaires obéiront-ils volontiers à un agent civil? Accepter cette commission, ne serait-ce pas, en me compromettant, compromettre les intérêts de l'expédition?

Chargé par vous d'organiser le gouvernement des îles ioniennes, je l'ai fait le mieux que j'ai pu. La constitution que je leur ai donnée n'est pas plus mauvaise qu'une autre, si elle n'est pas meilleure. Ma tâche est remplie. J'ai donc insisté pour que le général Gentili ne mît pas mon dévouement à une plus dangereuse épreuve, et me permît de retourner auprès de vous.

Je profiterai du départ de la Junon, qui va croiser dans l'Adriatique.
Elle me descendra à Otrante, d'où je me rendrai à Naples.

Permettez-moi de suivre l'exemple de Lycurgue, homme de sens, qui aimait mieux donner des lois que de les faire exécuter. Dès qu'il faut gouverner, j'abdique.

Veuillez agréer l'hommage de mon respectueux dévouement.

ARNAULT. ]

[16: Il se nommait Vidiman.]

[17: Voici la traduction de cette lettre, dont l'original est en italien.

AU COMMISSAIRE DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS PRÈS LES ÎLES DU LEVANT,