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Demetrius Phalereus avoit coutume d’exhorter le Roy Ptolomée de ramasser des Livres qui traitassent de la Politique Civile & Militaire, Parce que, disoit-il, les Rois trouvent dans ces Livres des choses dont leurs Amis n’oseroient leur parler. Alphonse Roy d’Aragon disoit à ce sujet: Les Livres sont les Conseillers qui me plaisent d’avantage: la crainte ni l’esperance ne les empêchent point de me dire ce que je dois faire.

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Dionysius the Tyrant had made great Promises to an excellent Musician, who sung before him, and as the Musician found that they came to nothing, he complain’d to the Tyrant, who answer’d him: Friend, What reason hast thou to complain? I paid thee the same way as thou servedst me: Thou hast tickled my Ear with pleasing Musick, and I have entertain’d thee with the Pleasure of fair Hopes, and so we are quits.

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Denys le Tyran avoit fait de grandes promesses à un excellent Musicien qui avoit chanté devant lui, & comme le Musicien vid qu’elles n’ètoient suivies d’aucun effet, il se plaignit au Tyran, qui lui rêpondit: Dequoi te plains tu, mon Ami? je t’ai payé de la même sorte que tu m’as servi: tu m’as chatouillé l’oreille par le plaisir de la Musique, & moi je t’ai fait goûter le plaisir des belles Esperances; ainsi nous voilà quittes.

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One of the Ancients said: That the Great ones us’d all their endeavours to lose the use of their Hands and Feet, because they get others to dress and carry them.

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Un Ancien disoit, que les grands faisoient tout leur possible, afin de perdre l’usage des Pieds & des Mains, parce qu’ils se font chausser, habiller, & porter par les autres.