Ce iie jour de juing 1571.
Il sera bon cependant de gratiffier au Sr de Valsingan, et encores au Sr Cavalcanty, la bonne façon dont ilz ont dernièrement escript par deçà, et parler à toutz deux toutjour fort honnorablement de la Royne d'Angleterre et aussi de ses deux conseilliers, nomméement de milord de Burlay, avec promesse de le récompenser largement.
CLXXXIVe DÉPESCHE
—du viie jour de juing 1571.—
(Envoyée exprès jusques à la court par le Sr de Vassal.)
Négociation du mariage du duc d'Anjou.—Débat de l'article relatif à l'exercice de la religion.—Envoi des autres articles.
A la Royne.
Madame, despuys celle que je vous ay escripte du iie de ce mois, j'ay tretté avec le comte de Lestre et avec milord de Burlay, séparéement avec chacun, et puys conjoinctement avec toutz deux, de celluy tant de foys débattu article de la religion, et de la difficulté qu'on faisoit de nouveau de ne vouloir envoyer le reste des condicions, premier que celle là fût accordée; en quoy je me suys esforcé de leur admener aultant de raysons, que j'en ay sceu alléguer, lesquelles, avec la confiance, que j'ay monstré que Voz Majestez Très Chrestiennes, et Monsieur, aviez en eulx deux, avec ferme propos de leur recognoistre à très grande mesure leurs bons offices, et que je leur ay franchement dict que de ce coup avoit à résulter ou la conclusion de l'affaire à quelque vostre honneste contantement, ou bien la ropture d'icelluy à vostre très grand regrect, et avec opinion de rester moquez et quasi affrontez; et leur ayant remémoré les parolles, que leur Mestresse, et eulx, m'avoit dictes et faictes escripre, lesquelles ilz ne m'ont point dényées, ilz se sont exortez l'ung l'aultre d'entreprendre à bon esciant d'effectuer meintenant ce propos; et m'ont prié de vous en donner toute bonne espérance, me tesmoignantz, l'ung à l'envy de l'aultre, une leur tant bonne et droicte intention en cest endroict, que je ne la vous sçaurois représenter meilleure de moy mesmes qui suys asseuré, Madame, que vous la sçavez estre très parfaictement bonne. Et sur ce, ayant, chacun à part, faict office avec leur Mestresse, j'ay enfin obtenu que les dictes condicions seroient présentement dressées, et m'en seroit faicte communication pour en envoyer, eulx de leur part une coppie à leur ambassadeur, et moy une aultre à Vostre Majesté, en ce toutesfoys qu'il aparoistroit que c'estoit pour satisfaire au desir du Roy qu'elles avoient esté baillées.
Je confesse, Madame, que je n'ay rien débattu sur icelles, parce que je le laysse faire à voz Majestez par dellà, si n'est d'avoir incisté bien fort qu'on les fît raysonnables, et qu'on ne parlât aulcunement de Calais, ainsy que vous pourrez voir que j'ay gaigné ce poinct; et tout le reste est prins du mesmes contract du Roy Philippe avec la Royne Marie, sinon en l'endroict où est faicte mencion des filles, et de la succession à la couronne de France, au cas que Monsieur ou les siens y parvinssent, et aussi que, là où est laysse en blanc la somme du douayre, ilz me l'ont expéciffiée à quarante ou cinquante mil escuz: qui me semble, Madame, avec les premières responces, lesquelles je fays envoyer aussi refformées, qu'on pourra facillement parvenir en ung bon accord.