Escript à Paris, le IXe jour d'aoust 1572.

CHARLES. PINART.

CXII

LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.

du Xe jour d'aoust 1572.—

Négociation du mariage.—Espoir qu'elle pourra être conduite à bonne fin.—Assurance d'une vive reconnaissance pour les soins donnés par l'ambassadeur à cette affaire.

Monsieur de La Mothe Fénélon, ainsi que Vassal, présent porteur, estoit prest à monter à cheval pour s'en retourner, la despesche que nous aviez faict, de Brichil, le IIIe de ce moys[125], est arrivée, laquelle j'ay aussytost veue, ayant eu plaisir de voir le contenu en icelle, qui me donne encore quelque espérance. En quoy je suis bien asseurée que vous ne perdrés une seule occasion de tout ce qui se peult faire en cella, pour nous faire avoir, s'il est possible, du fruict et contantement que nous en desirons de si grande affection, que vous pouvez, estant assuré que, si ce mariage se faict, vous nous aurés donné le plus grand contantement que puissions, pour ceste heure, desirer et espérer; et dont vous aurés telle rémunération que jamais gentilhomme ne l'a receu meilleure ni de meilleur cœur que nous la vous fairons. Et quand encores les choses ne succèderont si bien que nous vouldrons, sachant bien que vous vous y estes employé de la plus grande affection que se peult, nous ne laisserons de recognoistre vos bons services d'aussi bon cœur que je prie Dieu, etc.

Escript à Paris, le dimanche, Xe jour d'aoust 1572.

CATERINE. PINART.