Je suis bien fort aise de la suspension d'armes accordée en Escosse, ainsi que m'avez escript, et que j'ay aussi entendu par le Sr de L'Espinasse, lequel je fairay renvoyer incontinant que j'auray prins résolution sur sa despesche avec ceulx de mon conseil, que j'assembleray dedans un jour ou deux, après que les tournoys des nopces de ma sœur et du Roy de Navarre seront parachevez.
Il ne sera que bien à propos, si voyez bientost ma dicte sœur, la Royne d'Angleterre, de luy dire comme le dict mariage se feist fort sollempnellement, lundy dernier, en ceste ville, en la grande église Nostre Dame, et les festins et cérémonies, comme il est de tout temps accoustumé, au palais et au Louvre; et qu'encores solempnisons nous, tous ces jours icy, les dictes nopces en tournois et allégresses, dont touts mes subjectz indifféremment se resjouissent, ainsi que je pense bien que son dict ambassadeur luy aura escript.
Je suis bien aise du retour de vostre secrétaire qu'aviez envoyé vers ma sœur, la Royne d'Escosse, et d'avoir veu par vostre lettre qu'elle se porte bien. Il sera bon que tousjours, quand verrez qu'il sera à propos, vous contynuyez tous bons offices pour elle, de ma part, envers la dicte Royne d'Angleterre et ses ministres.
Et, quant à ce que m'escrivez que l'on dict par dellà, que le Sr de Strossi avoit escript à ceux de Flexingues, encores que chascun aura bien cogneu despuis le contrayre, si suis je bien d'advis que, s'il vient à propos, quant parlerez à la dicte Royne, que l'asseurerez, ou ses ministres, que je ne la veux ni voudrais aulcunement empescher en ses desseins, et que, si elle y en a quelcung de ce costé là, qu'elle n'y sera aulcunement traversée de moy ni de mes subjectz, et ne faillyr de luy en donner toute assurance de ma part; priant Dieu, etc.
Escript à Paris, ce XXIe jour d'aoust 1572.
Par postille à la lettre précédente.
Monsieur de La Mothe Fénélon, j'escriptz un mot de lettre au Sr Du Crocq, lequel je vous prie de luy envoyer par la première commodité. Ce XXIe d'aoust 1572.
CHARLES. PINART.