De toutes lesquelles choses le peuple aigri, a exercé grande viollence sur ceulx de la nouvelle religion; dont tous les chefs, qui se trouvoient au dict Paris, ont esté tués.
Ce qui est advenu au grand regrès de Sa dicte Majesté, et toutesfois pour l'occasion qu'ils en ont donnée eulx mesmes les premiers; de quoy Sa dicte Majesté a bien voullu donner advis au dict Sr de La Mothe, affin de faire entendre à la Royne d'Angleterre comme les choses sont passées; dont ne luy veult rien déguiser. Et, en ce faisant, le dict Sr de La Mothe asseurera, de la part de Sa Majesté, à la dicte Royne qu'en ce qui est ainsi advenu, il n'est point question du faict de la religion ni de la rupture de l'édict de pacification; mais que la chose est procédée de la malheureuse conspiration qu'ils avoient faicte contre Sa dicte Majesté, cogneue par tant de certains indices que l'on ne la pouvoit ignorer et tarder à y pourvoir, sans le certain péril de leurs personnes, ayant esté tant plus mal aisé à supporter la dicte conspiration, que Sa Majesté leur avoit tousjours faict tous les favorables traictemens dont elle eût sceu user à l'endroict de ses plus fidelles subjects, et gratifié le dict feu sieur Admiral des grands biens, et faict, despuis l'édit de pacification, comme plusieurs autres gentilshommes de la nouvelle religion qui ont esté receus aux honneurs et dignités qui ont vacqué, ainsi que les autres bons et loyaux subjects catholicques.
CXXII
LE DUC D'ANJOU A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
du IIIe jour de septembre 1572.—
Assurance que la tranquillité est rétablie.—Demande que Cavaignes soit livré à la France, s'il s'est réfugié en Angleterre.
Monsieur de La Mothe Fénélon, le Roy, Mon Seigneur et frère, vous escript bien amplement[129] l'estat paysible auquel est à présent, et despuis troys ou quatre jours, ceste ville et les autres de son royaulme, ensemble le propos que nous eusmes hyer avec le Sr de Walsingham, ambassadeur de la Royne d'Angleterre, Madame ma bonne sœur et cousine, sur ces évènementz; qui me gardera vous en faire aucune redicte par ceste lettre, laquelle sera seulement pour vous prier de prendre soigneusement garde sy Cavaignes, qui se trouve chargé de la conspiration faicte contre le Roy, mon dict frère, et son estat, est par dellà, où l'on dict qu'il s'est sauvé et retiré, et faire toute l'instance que vous sera possible, envers la dicte Dame Royne, pour le faire arrester et vous permettre de le renvoyer par deçà soubz bonne et seure garde. Et vous fairés bien grand et agréable service au Roy, Mon dict Seigneur et frère, priant Dieu, etc.
Escript à Paris, le IIIe jour de septembre 1572.
Vostre bon amy. HENRY.