Reconnaissance de la régence de Marie de Médicis par le duc d'Alençon, après la mort du roi Charles IX.—Même déclaration faite par le roi de Navarre.—Acte de reconnaissance, par le parlement de Paris et les princes du sang, des pouvoirs conférés à la reine-mère.

Monsieur de La Mothe, je ne saurois assés vous exprimer l'extrême regrect, qui me demeure, de la perte, que j'ay faicte, du Roy Mon Seigneur et frère, qu'il a pleu à Dieu appeller à sa part. Toutesfois, me conformant à sa saincte vollonté, et considérant que c'est chose commune à tous hommes, je me forceray de surmonter ceste dolleur le plus vertueusement qu'il me sera possible, et vous diray que la dernière vollunté du Roy, Mon dict Seigneur et frère, a esté que la Royne, Madame et Mère, régist et gouvernast les affaires de ce royaume, en attendant le retour du Roy de Poullogne, Mon Seigneur et frère, ce qu'elle a accepté, meue de l'affection qu'elle porte au bien d'icelluy royaume. En quoy, sellon le naturel debvoir que j'ay envers la Royne, Madame et Mère, je m'esforceray de luy randre tout service et obéissance, vous priant, de vostre part, vous conformer en cella en ce qui est de vostre charge, et y randre la mesme dilligence et fidellité que vous avés faict le passé, comme nous avons toute fiance en vous; priant Dieu, etc.

Escript au bois de Vincennes, le premier jour de juing 1574.

Vostre bon amy. FRANÇOYS.

LE ROY DE NAVARRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.

du Ier jour de juing 1574.—

Monsieur de La Mothe Fénélon, vous verrés par la lettre que la Royne vous escript[158], comme il a pleu à Dieu disposer du feu Roy Mon Seigneur, perte qui, est si notable à ce royaume qu'il ne peult qu'il n'en demeure ung regret infini à tous ceux qui en sont serviteurs affectionnés. Mais il nous demeure une bien grande consolation de ceste affliction, qui est que Sa Majesté, sentant sa fin, pour tesmoigner le singulier desir qu'elle a tousjours eu au repos de ses subjectz, a ordonné, par sa dernière vollunté, que l'administration et régence des affaires demeurent à la dicte Dame, attandant l'arrivée du Roy de Poullogne. Ce qu'elle sçaura très bien faire par sa prudance et la longue expériance qu'elle en a, et aussy pour la dévotion grande qu'elle a à ceste couronne. En quoy je l'assisteray et recognoistray, sellon qu'elle en est très digne par ses vertus, comme et semblablement fairont touts les principaux et bien affectionnés ministres de ceste couronne; vous priant, de vostre costé, faire en cecy ce qui est de vostre charge, et y randre le bon debvoir que l'on sçait que vous avés faict ci devant, ainsi que la dicte Dame s'en assure; priant Dieu, etc.

Escript au bois de Vincennes, le premier jour de juing 1574.

Vostre bon amy. HENRY.

ACTE DE RECONNAISSANCE,