Les adviz qui me viennent du costé d'Allemaigne se conforment, en quelque chose, à ce que le comte de Lescestre vous a dict du dict Cazimir. Et en conférant tout ce que j'entendz des dictz adviz, je voy bien qu'il y a grande apparance qu'il s'y doive faire quelque nouvel amas de gens de guerre; portant mesmement, ung des dictz adviz, qu'il a esté envoyé d'Angleterre de l'argent en Allemaigne pour l'Admiral, dont vous mettrez peyne de vous esclaircyr de ce qui en est.
Je vous recommande l'affaire dont, par mes dernières despesches, je vous ay escript, auquel je vous prie vous y employer sy avant que le mariage que sçavez se puisse fère, y uzant de toutz les meilleurs et plus exprès moyens, dont vous vous sçaurez saigement adviser.
Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, estant le faict de mon mariage avec la fille puisnée de l'Empereur, et de ma sœur avec le Roy de Portugal, sy advancé que j'ay envoyé pouvoir à mon ambassadeur, qui réside en Espaigne, pour en contracter avec ceux que le Roy d'Espaigne, qui a pris toute la charge de cest affaire, voudra députter, la Royne, Madame et Mère, et moy en avons voullu donner adviz à ma dicte bonne sœur par les lettres que nous luy escripvons, que vous luy présenterez avec nos cordialles et affectionnées recommandations; priant Dieu, etc.
Escript à Amboise le XVe jour d'aoust 1569.
CHARLES. BRULART.
XVII
LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
du XVe jour d'aoust 1569.—
Désir de la reine-mère que la pacification soit faite en France.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . choses à ce que ceste guerre soit abrégée le plus que l'on pourra, ainsi que nous espérons que Dieu nous en fera la grâce, le priant, Monsieur de La Mothe Fénélon, qu'il vous ayt en sa saincte et digne garde.