XLII

Mr LE CARDINAL DE LORRAINE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.

du IIIe jour de mars 1570.—

Remerciemens à l'ambassadeur.—Assurance de reconnaissance.

Monsieur de La Mothe Fénélon, ayant receu ce jourdhuy la lettre que vous m'avés escripte du XXIIe de ce moys, et veu par icelle, et par la coppie de celle qu'avés envoyée au comte de Lecestre, combien la bonne affection que vous portés aux affaires de la Royne, Madame ma niepce, est accompagnée et conduicte de bon advis et meilleur effaict, je n'ay pu vous en louer ni remercier assés à mon gré, prenant espérance en la dextérité dont vous usés en ceste négociation, qu'elle pourra prendre quelque heureuse fin, si vous ne vous lassés point de continuer les bons et grands offices que vous avés jusques ici tant heureusement employés à cest effaict. Dont je vous prie, d'aultant plus affectueusement, que j'aurois regret que ceste bonne occasion se passât inutille, et qu'oultre la naturelle affection que j'ay à la dicte Dame et à son servisse, Leurs Majestés se réjouissent infiniment, en recevant quelque bonne espérance, et voyant la promptitude et dilligence dont vous usés suyvant leur intention; et croyés que la dicte Dame, ma niepce, et tous nous aultres, qui avons cest honneur de luy appartenir, n'aurons pas seulement cognoissance de la grande obligation que vous aurés acquis en nous par un si digne et recommandable servisse, mais perpétuelle mémoire pour le recognoistre de toute nostre puissance selon vos mérites. Je vous prie de rechef, puisqu'avés conduitte ceste négotiation en si bon chemin, ne vous arrester et nous acroistre par l'achèvement, le plaisir que vous nous avés baillé de ce bon commancement, dont Leurs dictes Majestez, ayant veu vos lettres, ont prinse la meilleure part. Et sur ce, etc.

D'Angers le IIIe jour de mars 1570.

Vostre meilleur ami. Le cardinal de Lorraine.

XLIII

Mr DE MORVILLERS, ÉVESQUE D'ORLÉANS, A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.

du IIIe jour de mars 1570.—