Et, pour cest effect, je fais, dez ce jourdhuy, passer la Charente à toute mon advantgarde, pour marcher demain, avec tout le demeurant de l'armée, droit à Cognac, où l'Admiral et d'Andelot se sont sauvez; espérant n'obmettre aucune chose de ce qui sera nécessaire pour les forcer là dedans, et en avoir la raison.
J'escris un mot à la dicte Dame, en créance sur vous, laquelle je vous prie, Monsieur de La Mothe Fénélon, visiter de ma part, pour luy faire entendre le discours de tout ce qui s'est passé entre nous et noz ennemis, suivant le mémoire que je vous en envoye; et m'advertyr, le plus tot que vous pourrez, comme la dicte Dame aura prise ceste nouvelle, et ce que vous pourrez descouvrir de ses desseings et de ce qu'elle voudra faire après avoir entendu...
(La fin de cette lettre manque, et le mémoire envoyé à l'ambassadeur ne s'est pas retrouvé dans ses papiers; mais la pièce suivante, qui fait partie des archives de Symancas, doit y suppléer.)
Nota.—Cette lettre est la première en date de celles qui sont conservées aux archives; les lettres écrites par le roi à La Mothe Fénélon avant cette époque n'ont pu être retrouvées; elles sont énoncées dans les dépêches sous la date des 5, 15, 16 et 27 décembre 1568; 1er, 15 et 20 janvier; 7, 8, 9, 12, 14 et 22 février, et 7 mars 1569.
II
DISCOURS DE LA BATAILLE
donnée par Monseigneur, Duc d'Anjou et de Bourbonnoys, frère du Roy, et lieutenant général pour Sa Majesté, par tout son royaume et terre de son obéissance, contre les rebelles de sa dicte Majesté, le XIIIe jour de mars mil Vc soixante neuf, entre la ville d'Angoulesme et Jarnac, près d'une maison, nommée Vibrac, appartenant à la dame de Mézières[4].
—du XXIe jour de mars 1569.—
(Archives du royaume, fonds de Symancas, carton K. 1391. B.—liasse 26, pièce 9.)