Je remettray le surplus de ce que je vous pourrois escrire au contenu de vos dictes dépesches, à quand le dict de Vassal s'en retournera; qui sera quand j'auray veu le dict Sr de Boucaust et ceux de sa troupe, auxquels je fairay faire bonne chère, au devant duquel j'ay envoyé.

Et vous diray, pour la fin de ceste cy, que celluy, que me mandés qui a escript de delà ce qui est contenu au mémoire enclos avec vostre dicte dépesche du XIIe, est mal adverti, ayant seullement receuilli ce que ceux qui discourent à leur fantaisie ont peu penser, ou luy mesmes, qui n'a pas voulleu envoyer les premières dépesches sans y mettre des nouvelles, en a voulleu composer; mais il sera bon que vous continuiés tousjours à recouvrer les doubles de celles qu'il faira cy après et ses mémoires pour m'en advertir, et cella sera tenu secret comme vous desirés; aussy le fault il ainsi pour le bien de mon servisse, priant Dieu, etc.

Escript au chasteau de Bouloigne, le XIXe jour de febvrier 1571.

CHARLES. PINART.

LXXVII

LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.

(Lettre escrite de la main de la Royne.)

du IIe jour de mars 1571.—

Conférence de Catherine de Médicis avec lord Buckhurst sur la négociation du mariage.—État de cette négociation avec Cavalcanti et Téligni.

Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay veu vostre petite lettre, et si vous avez receu la dernière que je vous ay escripte, vous verrés que les choses sont changées, et que mon fils desire infiniment espouser la Royne d'Angleterre, et ne craint sinon qu'elle ne le veuille non plus qu'à l'accoustumée, et qu'elle fasse mine de se voulloir marier pour servir à ses affaires. Mais, quoiqu'il en soit, il fault essayer par tous moyens de la conduire à le faire, et pour luy donner occasion de dire librement sa vollonté, j'ay parlé au milord Boucaust, le jour devant qu'il partît, encore qu'il eust longtemps auparavant prins congé de nous en cérémonie; et, de peur qu'il feust sceu, il fist semblant d'aller voir les Tuilleries et moy d'y estre allée me promener sans dessein, où je feignis de l'entrevoir, et luy dis que j'eusse eu regrect qu'il s'en feust allé sans que plus au long je luy eusse explicqué l'amitié que le Roy, mon fils, et moy avons pour la Royne, sa Maistresse, veu qu'elle nous avoit faict entendre par luy celle qu'elle nous vouloit, et comment nous desirions, par touts moyens, de luy correspondre, et l'assurer que, de nostre part, nous travaillerons tousjours à la fortiffier davantage, quand l'occasion s'en présenteroit.