Le départ eut lieu de La Rochelle le 17 septembre 1699, à 8 heures et demie du matin.
Le 11 décembre, c'est-à-dire après 50 jours de navigation, l'escadre arrivait au cap Français, où débarquèrent quatre malades. M. de Galifet, lieutenant du gouverneur, accueillit M. d'Iberville et lui fournit les rafraîchissements nécessaires. On embarqua aussi des volailles et des bestiaux.
Le 22 décembre, départ du cap Français, et, 20 jours après, arrivée au fort de Biloxi.
Le 9 janvier M. de Sauvalle vint à bord, et rendit compte de tout ce qui s'était passé depuis le départ de M. d'Iberville.
Il avait reçu la visite d'un bâtiment anglais commandé par le capitaine Banks, que M. d'Iberville avait fait prisonnier au fort Nelson cinq ans auparavant. Le capitaine, ayant vu le fort de Biloxi, avait dit qu'il reviendrait en force, mais cela n'inquiéta ni M. d'Iberville ni M. de Sauvalle.
Pendant que quelques marchands de Montréal s'inquiétaient de l'établissement de Biloxi, d'autres Canadiens s'en réjouissaient, et y voyaient la source de beaucoup d'avantages pour la Nouvelle-France.
Dès que Mgr l'évêque de Québec avait eu connaissance des succès de M. d'Iberville, il avait envoyé M. de Montigny, son grand vicaire, avec M. d'Avion, missionnaire des Illinois. Ces messieurs parlaient les langues de plusieurs nations sauvages, et ils venaient s'offrir au zèle religieux du chevalier d'Iberville. M. Juchereau de Saint-Denis, oncle de madame d'Iberville, comme nous l'avons vu précédemment, vînt offrir ses services et son expérience; il avait conduit plusieurs hommes avec lui. Il était réservé à plus d'une aventure. Enfin, l'on vit aussi arriver vingt Canadiens commandés par M. de Tonty, qui avait traversé intrépidement toutes les nations sauvages, et qui s'était rendu avec bonheur é cet ancien théâtre de ses premiers exploits. Il était au comble de la satisfaction de voir se réaliser l'oeuvre qu'il avait déjà, tentée avec l'héroïque M. de La Salle.
M. d'Iberville accueillit ces nouveaux auxiliaires avec la plus entière cordialité. Il enjoignit d'abord à M. Lesueur, son cousin, de préparer tout ce qui était nécessaire pour remonter le fleuve avec une vingtaine d'hommes, afin d'aller exploiter aussitôt les mines de cuivre qui lui avaient été signalées au 45e degré de latitude.
Il donna des compagnons à M. de Saint-Denis pour s'en aller explorer les côtes du golfe, à, l'ouest, depuis la Palissade jusqu'à la baie Saint-Louis.
Quant à M. de Tonty, qui connaissait les langues sauvages, ainsi que les Canadiens qui l'avaient accompagné, il lui proposa de remonter le fleuve avec lui. Enfin, il prit aussi avec lui l'aumônier de l'escadre, ainsi que M. de Montigny. Son frère Châteauguay devait être aussi de l'expédition.