Son orchestration qui nous paraît encore vigoureuse, malgré le vide de quelques parties, était alors la plus pleine que l'on pût concevoir.
Un simple accord de trombones suffisait alors pour faire frémir.
Ces instruments, importés depuis peu d'Allemagne par Gluck, ne s'employaient guère que pour annoncer l'approche des Euménides et des divinités infernales.
Aujourd'hui nous nous en servons pour faire danser, et personne n'ignore l'immense consommation qu'il s'en fait à l'orchestre des bals de l'Opéra.
Cette répétition produisit un effet singulier: les grands seigneurs attendaient pour applaudir que le signal leur fût donné par les artistes et les jugeurs de profession, au milieu desquels ils se trouvaient.
Mais l'émotion était trop profonde pour permettre aux applaudissements d'éclater, et les exclamations de surprise et de terreur étaient les seules marques d'admiration qui échappassent de temps en temps aux spectateurs. Celles-là, du reste, valent bien les battements de mains, si banalement prodigués.
Mais il y a des gens qui ne comprennent pas d'autres témoignages de satisfaction. Ces personnes-là vous disent:
L'Ave verum de Mozart ne produit pas d'effet, je ne l'ai jamais entendu applaudir.
Mais si on l'applaudissait, c'est que l'effet en serait manqué.
Vous qui avez entendu la messe funèbre de Cherubini, avez-vous jamais été tenté d'applaudir après les dernières mesures du Dona eis requiem æternam?