Quelque temps après, on joua le Demophon de Vogel, qui ne fut guère plus heureux que celui de Cherubini: l'ouverture seule a survécu à l'Opéra.

Les années suivantes, Cherubini se contenta de composer un grand nombre de morceaux qui furent intercalés dans les opéras représentés par une excellente troupe italienne, dont il surveillait les répétitions et les représentations avec le plus grand soin.

Un opéra de Koucourgi, qu'il était sur le point de donner au théâtre Feydeau, ne fut pas représenté à cause des troubles qui suivirent le 10 août.

Il avait donné au même théâtre, en 1791, une Lodoiska, dont le succès fut éclipsé par celle de Kreutzer, représentée sur le théâtre de la Comédie-Italienne. En 1794, il fit représenter Élisa, où l'on remarque une si belle introduction; en 1797, Médée, ouvrage du style le plus sévère, où madame Scio était admirable et où l'on trouve des beautés du premier ordre; en 1798, l'Hôtellerie portugaise, dont il ne nous est resté que l'ouverture, qui est un chef-d'œuvre et un charmant trio.

C'est en 1800 qu'eut lieu la première représentation des Deux journées, dont le succès fut colossal: cet ouvrage est trop bien connu de tous les amateurs de musique pour qu'il soit nécessaire d'en citer un seul morceau.

En 1803, on joua, à l'Opéra, Anacréon chez lui, qui renferme de délicieuses choses; et au même théâtre, en 1804, le ballet d'Achille à Scyros.

Les succès de Paris avaient retenti jusqu'en Allemagne, et Cherubini y fut appelé en 1805.

Il fit représenter, au théâtre impérial de Vienne, Faniska, dont il avait composé une partie de la musique avec des fragments de Koucourgi, qu'il n'avait pu faire représenter.

En 1809, il fit jouer, au théâtre des Tuileries, un opéra de Pigmalione; en 1810, le Crescendo, opéra en un acte, au théâtre Feydeau; cet ouvrage n'eut point de succès: il en est pourtant resté un air et un duo.

En 1813, les Abencerrages furent représentés à l'Opéra; le succès en fut interrompu par les nouvelles des désastres de Moscou.