IVAN, se redressant. Soit! mais tu me frapperas debout! Je mourrai du moins en soldat!
STROGOFF. En soldat, toi?… Non. Tu vas mourir comme doit mourir un traître, à genoux! Allons, à genoux! pour expier l'outrage que tu m'as infligé, à genoux! pour avoir fait honteusement knouter ma mère, à genoux! pour avoir trahi ta patrie… A genoux! misérable, à genoux!
(Ivan cherche à s'emparer du poignard pour en frapper Strogoff, et parvient à le lui prendre. Mais Strogoff lui saisit la main et la dirige de telle sorte qu'Ivan se frappe lui-même et tombe.)
SCENE VI.
LES MEMES, LE GRAND-DUC, OFFICIERS, VORONZOFF, JOLLIVET, BLOUNT, MARFA, NADIA, FEDOR.
LE GRAND-DUC. Emparez-vous de cet homme. (A Strogoff.) Qui es-tu, toi qui as assassiné un courrier du czar?
STROGOFF.
Michel Strogoff, Altesse, et voici Ivan Ogareff.
MARFA, entrant. Oui! Michel Strogoff, mon enfant! Altesse, vous avez devant vous le dévouement et la trahison!
JOLLIVET, montrant Strogoff.
Et le dévouement, le voici!
BLOUNT, montrant Ivan.
Et le trahison, le voilà!