IVAN, bas.
Patience!

LE GOUVERNEUR, au général qu'il emmène à gauche.
Général, nous parlions tout à l'heure du colonel Ivan Ogareff.

SANGARRE, à part.
Ton nom!

IVAN, bas.
Tais-toi!

LE GOUVERNEUR. Ce traître qui fut cassé de son grade et condamné à mort pour avoir fomenté, une fois déjà, le soulèvement des Tartares…

LE GENERAL. Oui, Ogareff, dont l'empereur a commué la peine en une perpétuelle détention dans la forteresse de Polstock.

LE GOUVERNEUR. Il s'est échappé récemment de sa prison. Voilà ce qu'on m'écrit du cabinet de Pétersbourg: Ivan Ogareff s'est enfui!… Il faut mettre toute notre police sur sa trace.

LE GENERAL. Nous ferons très sévèrement garder la frontière que, sans passeport, il ne pourra franchir.

LE GOUVERNEUR, s'asseyant à la table et écrivant. Que les ordres soient transmis sans retard. Il importe que le Grand-Duc soit prévenu au plus tôt, car cette lettre du ministre me marque que, d'après une correspondance, saisie depuis l'évasion d'Ivan Ogareff, le plan de ce traître serait de pénétrer dans Irkoutsk, et s'il y parvient, c'est la mort du Grand-Duc, objet de sa haine personnelle!

IVAN, à Sangarre.
Mais ils savent donc tout?… Allons… (S'approchant.)
Excellence!