STROGOFF.
Pour aller revoir et embrasser ma mère, une vaillante
Sibérienne qui demeure à Kolyvan!

NADIA. Eh bien, moi, je vais revoir et embrasser mon père! Vous faisiez votre devoir, je fais le mien, et le devoir est tout.

STROGOFF Oui!… tout!… (A part.) Cette jeune fille, si belle… seule… sans défenseur!… (A Nadia qui se dirige vers la gauche.) Où allez-vous?

NADIA. Je vais faire viser mon permis! Des retards sont toujours à craindre, et si je ne partais pas aujourd'hui, qui sait si je pourrais partir demain!

STROGOFF. Attendez donc. Il faut que, moi aussi, je fasse viser le mien. Peut-être obtiendrai-je du maître de police qu'il consente à vous expédier plus promptement, avant que la cloche ne rassemble tous les voyageurs qui attendent. Venez donc!… Nous sommes destinés, sans doute, à ne jamais nous revoir, mais je penserai souvent à vous, et je voudrais savoir votre nom.

NADIA.
Nadia Fédor.

STROGOFF.
Nadia.

NADIA.
Et le vôtre?…

STROGOFF.
Moi… je… je m'appelle Nicolas Korpanoff.

(Ils entrent au bureau de police.)