— Qu’est-ce que c’est que ça ? demanda-t-il.

— Une bombe, répondit tranquillement Charles.

Puis comme l’autre qui parlait volontiers d’engins explosifs, mais qui n’en avait jamais vu, écarquillait les yeux, il remit l’objet en place et dit, sans paraître remarquer la surprise de son ami :

— Sortons ; je t’emmène dîner chez Foyot.

Chériat montra ses guenilles d’un geste qui signifiait qu’elles feraient tache dans ce temple de la cuisine bourgeoise.

Mais Charles lui prit le bras et l’entraîna dans l’escalier :

— Peuh ! nous prendrons un cabinet, déclara-t-il.

Et tout en descendant les marches il fredonnait, d’un gosier railleur, le refrain de la chanson que le rhapsode Paul Paulette composa sur l’air de cette romance illustre, le Temps des Cerises :

Quand nous en serons au temps d’Anarchie,

La joie et l’amour empliront les cœurs…