Pour les folies et les péchés des égarés qui te défient, l’injure et le sarcasme à la bouche, nous nous offrons à ta colère. Toi, cependant, ramène-les dans tes voies ; distribue-leur le pain suprasubstantiel : ta parole immuable.

Comme il nous fut prescrit par ton Fils, nous leur pardonnons, sans arrière-pensée, sans restrictions vindicatives, les persécutions qu’ils infligent à ton Église. De même, ne les traite pas d’après l’énormité de leur ingratitude envers toi, mais considère leur aveuglement.

Par l’incarnation de ton Fils, par ses souffrances et ses plaies, par la Croix qui ne cesse d’étendre sur le monde ses bras rédempteurs, par ta Sainte-Mère, refuge des pécheurs, appui des malheureux, étoile du matin, arche de ton alliance avec nous, par les mérites de tous les Saints qui combattirent et triomphèrent pour ta gloire, accueille notre supplication ; fais cesser cette trop longue tentation. Libère la France du démon d’orgueil qui l’opprime ; délivre-nous du mal. Ainsi soit-il.

D’un même élan, tous trois répétèrent :

— O Dieu le Père, qui es la Justice, ô Dieu le Fils, qui es l’Amour, ô Dieu le Saint-Esprit qui es la Grâce, Sainte-Trinité, un seul Dieu, libère la France du démon qui l’opprime, délivre nous du mal…

Et longtemps, agenouillés côte à côte, ils demeurèrent en oraison, selon l’esprit de la Sainte-Église catholique, en dehors de laquelle il n’y a ni lumière, ni vérité, ni consolation, ni salut.

Benevolens lector, in nomine
Domini, ora pro scriptore.

Fin

Note. — L’auteur croit devoir rappeler que pour l’explosion qui termine le livre par la mort de Charles, il n’a rien inventé.

En effet, les choses se passèrent exactement telles quelles à l’église de la Madeleine en 1894.