[1] Mémoires de madame Campan, tome II, page 154. [2] Voyez la note 11 à la fin du volume. [3] Séance du 28 mai. [4] Ce décret est du 27 mai; le décret suivant, relatif au camp de 20,000 hommes, est du 8 juin. [5] Voyez madame Campan, tome II, page; 205. [6] Voyez la note 12 à la fin du volume. [7] Voyez la note 13 à la fin du volume. [8] Voyez la note 14 à la fin du volume. [9] Voyez la note 15 à la fin du volume. [10] Mémoires de Barbaroux, pages 38 et 39. [11] Voyez la note 16 à la fin du volume. [12]Tous les témoins entendus ont été d'accord sur ce fait et n'ont varié que sur le nom des officiers municipaux. [13] Voyez madame Campan, tome II, page 125.
CHAPITRE IV.
SUITE DE LA JOURNÉE DU 20 JUIN.—ARRIVÉE DE LAFAYETTE A PARIS; SES PLAINTES A L'ASSEMBLÉE.—BRUITS DE GUERRE; INVASION PROCHAINE DES PRUSSIENS; DISCOURS DE VERGNIAUD.—RÉCONCILIATION DE TOUS LES PARTIS DANS LE SEIN DE L'ASSEMBLÉE, LE 7 JUILLET.—LA PATRIE EST DÉCLARÉE EN DANGER.—LE DÉPARTEMENT SUSPEND LE MAIRE PÉTION DE SES FONCTIONS.—ADRESSES MENAÇANTES CONTRE LA ROYAUTÉ.—LAFAYETTE PROPOSE AU ROI UN PROJET DE FUITE.—TROISIÈME ANNIVERSAIRE DU 14 JUILLET; DESCRIPTION DE LA FÊTE.—PRÉLUDES D'UNE NOUVELLE RÉVOLUTION.—COMITÉ INSURRECTIONNEL.—DÉTAILS SUR LES PLUS CÉLÈBRES RÉVOLUTIONNAIRES A CETTE ÉPOQUE; CAMILLE DESMOULINS, MARAT, ROBESPIERRE, DANTON.—PROJETS DES AMIS DU ROI POUR LE SAUVER.—DÉMARCHES DES DÉPUTÉS GIRONDINS POUR ÉVITER UNE INSURRECTION.
Le lendemain de cette journée insurrectionnelle du 20, dont nous venons de retracer les principales circonstances, Paris avait encore un aspect menaçant, et les divers partis s'agitèrent avec plus de violence. L'indignation dut être générale chez les partisans de la cour, qui la regardaient comme outragée, et chez les constitutionnels, qui considéraient cette invasion comme un attentat aux lois et à la tranquillité publique. Le désordre avait été grand, mais on l'exagérait encore: on supposait qu'il y avait eu le projet d'assassiner le roi, et que le complot n'avait manqué que par un heureux hasard. Ainsi, par une réaction naturelle, la faveur du jour était toute pour la famille royale, exposée la veille à tant de dangers et d'outrages, et une extrême défaveur régnait contre les auteurs supposés de l'insurrection.
Les visages étaient mornes dans l'assemblée; quelques députés s'élevèrent avec force contre les évènemens de la veille. M. Bigot proposa une loi contre les pétitions armées, et contre l'usage de faire défiler des bandes dans la salle. Quoiqu'il existât déjà des lois à cet égard, on les renouvela par un décret. M. Daveirhoult voulait qu'on informât contre les perturbateurs. «Informer, lui dit-on, contre quarante mille hommes!—Eh bien, reprit-il, si on ne peut distinguer entre quarante mille hommes, punissez la garde, qui ne s'est pas défendue; mais agissez de quelque manière.» Les ministres vinrent ensuite faire un rapport sur ce qui s'était passé, et une discussion s'éleva sur la nature des faits. Un membre de la droite, sur le motif que Vergniaud n'était pas suspect, et qu'il avait été témoin de la scène, voulut qu'il parlât sur ce qu'il avait vu. Mais Vergniaud ne se leva point à cet appel, et garda le silence. Cependant les plus hardis du côté gauche secouèrent cette contrainte et reprirent courage vers la fin de la séance. Ils osèrent même proposer qu'on examinât si, dans les décrets de circonstance, le veto était nécessaire. Mais cette proposition fut repoussée par une, forte majorité.
Vers le soir, on craignit une nouvelle scène semblable à celle de la veille. Le peuple se retirant avait dit qu'il reviendrait, et on crut qu'il voulait tenir promesse. Mais, soit que ce fût un reste de l'émotion de la veille, soit que, pour le moment, cette nouvelle tentative fût désapprouvée par les chefs du parti populaire, on l'arrêta très facilement; et Pétion courut rapidement au château prévenir le roi que l'ordre était rétabli, et que le peuple, après lui avoir fait ses représentations, était calme et satisfait. «Cela n'est pas vrai, lui dit le roi.—Sire…—Taisez-vous.—Le magistrat du peuple n'a pas à se taire, quand il fait son devoir, et qu'il dit la vérité.—La tranquillité de Paris repose sur votre tête.—Je connais mes devoirs; je saurai les observer.—C'est assez: allez les remplir, retirez-vous.»
Le roi, malgré une extrême bonté, était susceptible de mouvemens d'humeur, que les courtisans appelaient coups de boutoir. La vue de Pétion, qu'on accusait d'avoir favorisé les scènes de la veille, l'irrita, et produisit la conversation que nous venons de rapporter. Tout Paris la connut bientôt. Deux proclamations furent immédiatement répandues, l'une du roi et l'autre de la municipalité; et il sembla que ces deux autorités entraient en lutte;
La municipalité disait aux citoyens de demeurer calmes, de respecter le roi, de respecter et de faire respecter l'assemblée nationale; de ne pas se réunir en armes, parce que les lois le défendaient, et surtout de se défier des malintentionnés qui tâchaient de les mettre de nouveau en mouvement.
On répandait en effet que la cour cherchait à soulever le peuple une seconde fois, pour avoir l'occasion de le mitrailler. Ainsi le château supposait le projet d'un assassinat, les faubourgs supposaient celui d'un massacre.
Le roi disait: «Les Français n'auront pas appris sans douleur qu'une multitude, égarée par quelques factieux, est venue à main armée dans l'habitation du roi… Le roi n'a opposé aux menaces et aux insultes des factieux que sa conscience et son amour pour le bien public.