[3]: Voici un fragment de lettre qui révèle la manière de penser de Napoléon à cet égard:

À M. le maréchal prince de Neufchâtel.

«Saint-Cloud, 24 septembre 1806.

»Mon cousin, je vous envoie la copie des ordres de mouvement de l'armée, que je vous ai adressés le 20 du courant au matin, et que je suis fâché de ne pas vous avoir envoyés douze heures après le départ de mon courrier du 20 septembre, parce qu'il aurait pu être intercepté. Cependant je n'ai pas lieu de le craindre. Vous aurez dû recevoir, le 24 à midi, mon premier courrier du 20. Quand la présente vous parviendra, ce qui sans doute aura lieu le 27, des ordres auront été donnés au maréchal Soult, qui sera parti dès le 26; et, comme il lui faut trois ou quatre jours de marche pour se rendre à Amberg, il pourrait y être le 30, quoiqu'il n'ait l'ordre que d'y être le 3. Vous recevrez le présent courrier le 27, afin que vous accélériez le mouvement du maréchal Soult. Il importe qu'il arrive vite à Amberg, puisque l'ennemi est à Hof, extravagance dont je ne le croyais pas capable, pensant qu'il resterait sur la défensive le long de l'Elbe.....

»Signé Napoléon.»

[4]:

Au grand-duc de Berg et de Clèves, à Schleitz.

«Au quartier général impérial et royal, le 10 octobre 1806, à 5 heures du matin.

»Le général Rapp m'a fait connaître l'heureux résultat de la soirée. Il m'a paru que vous n'aviez pas sous la main assez de cavalerie réunie. En l'éparpillant toute, il ne vous restera rien. Vous avez 6 régiments; je vous avais recommandé d'en avoir au moins 4 dans la main. Je ne vous en ai vu hier que 2. Les reconnaissances sur la droite deviennent aujourd'hui beaucoup moins importantes: le maréchal Soult arrivant à Plauen, c'est sur Pösneck et sur Saalfeld qu'il faut porter de fortes reconnaissances pour savoir ce qui s'y passe. Le maréchal Lannes est arrivé le 9 au soir à Grafenthal. Il attaquera demain Saalfeld. Vous savez combien il m'importe de connaître dans la journée le mouvement sur Saalfeld, afin que, si l'ennemi avait réuni là plus de 25 mille hommes, je pusse y faire marcher des renforts par Possheim et les prendre en queue. J'ai donné l'ordre aux divisions Dupont et Beaumont de se porter sur Schleitz. Il faut, à tout événement, reconnaître une belle position en avant de Schleitz qui puisse servir de champ de bataille à plus de 80 mille hommes. Cela ne doit pas vous empêcher de profiter de la pointe du jour pour pousser de fortes reconnaissances sur Auma et Pösneck, en les faisant même soutenir par la division Drouet. La première division du maréchal Davout sera à Saalbourg, les deux autres divisions seront en avant, près d'Obersdorf, et sa cavalerie légère en avant. Je donne ordre au maréchal Ney de se rendre à Tanna. Votre grande affaire doit être aujourd'hui d'abord de profiter de la journée d'hier pour ramasser le plus de prisonniers et recueillir le plus de renseignements possible; 2o de reconnaître Auma et Saalfeld, afin de savoir positivement quels sont les mouvements de l'ennemi. Sur ce, etc.

»Napoléon.»