Arrivée de Napoléon à Bayonne. — Inexécution d'une partie de ses ordres. — Comment il y supplée. — Son départ pour Vittoria. — Ardeur des Espagnols à soutenir une guerre qui a commencé par des succès. — Projet d'armer cinq cent mille hommes. — Rivalité des juntes provinciales, et création d'une junte centrale à Aranjuez. — Direction des opérations militaires. — Plan de campagne. — Distribution des forces de l'insurrection en armées de gauche, du centre et de droite. — Rencontre prématurée du corps du maréchal Lefebvre avec l'armée du général Blake en avant de Durango. — Combat de Zornoza. — Les Espagnols culbutés. — Napoléon, arrivé à Vittoria, rectifie la position de ses corps d'armée, forme le projet de se laisser déborder sur ses deux ailes, de déboucher ensuite vivement sur Burgos, pour se rabattre sur Blake et Castaños, et les prendre à revers. — Exécution de ce projet. — Marche du 2e corps, commandé par le maréchal Soult, sur Burgos. — Combat de Burgos et prise de cette ville. — Les maréchaux Victor et Lefebvre, opposés au général Blake, le poursuivent à outrance. — Victor le rencontre à Espinosa et disperse son armée. — Mouvement du 3e corps, commandé par le maréchal Lannes, sur l'armée de Castaños. — Manœuvre sur les derrières de ce corps par l'envoi du maréchal Ney à travers les montagnes de Soria. — Bataille de Tudela, et déroute des armées du centre et de droite. — Napoléon, débarrassé des masses de l'insurrection espagnole, s'avance sur Madrid, sans s'occuper des Anglais, qu'il désire attirer dans l'intérieur de la Péninsule. — Marche vers le Guadarrama. — Brillant combat de Somo-Sierra. — Apparition de l'armée française sous les murs de Madrid. — Efforts pour épargner à la capitale de l'Espagne les horreurs d'une prise d'assaut. — Attaque et reddition de Madrid. — Napoléon n'y veut pas laisser rentrer son frère, et n'y entre pas lui-même. — Ses mesures politiques et militaires. — Abolition de l'inquisition, des droits féodaux et d'une partie des couvents. — Les maréchaux Lefebvre et Ney amenés sur Madrid, le maréchal Soult dirigé sur la Vieille-Castille, pour agir ultérieurement contre les Anglais. — Opérations en Aragon et en Catalogne. — Lenteur forcée du siége de Saragosse. — Campagne du général Saint-Cyr en Catalogne. — Passage de la frontière. — Siége de Roses. — Marche habile pour éviter les places de Girone et d'Hostalrich. — Rencontre avec l'armée espagnole et bataille de Cardedeu. — Entrée triomphante à Barcelone. — Sortie immédiate pour enlever le camp du Llobregat, et victoire de Molins-del-Rey. — Suite des événements au centre de l'Espagne. — Arrivée du maréchal Lefebvre à Tolède, du maréchal Ney à Madrid. — Nouvelles de l'armée anglaise apportées par des déserteurs. — Le général Moore, réuni, près de Benavente, à la division de Samuel Baird, se porte à la rencontre du maréchal Soult. — Manœuvre de Napoléon pour se jeter dans le flanc des Anglais, et les envelopper. — Départ du maréchal Ney avec les divisions Marchand et Maurice-Mathieu, de Napoléon avec les divisions Lapisse et Dessoles, et avec la garde impériale. — Passage du Guadarrama. — Tempête, boues profondes, retards inévitables. — Le général Moore, averti du mouvement des Français, bat en retraite. — Napoléon s'avance jusqu'à Astorga. — Des courriers de Paris le décident à s'établir à Valladolid. — Il confie au maréchal Soult le soin de poursuivre l'armée anglaise. — Retraite du général Moore, poursuivi par le maréchal Soult. — Désordres et dévastations de cette retraite. — Rencontre à Lugo. — Hésitation du maréchal Soult. — Arrivée des Anglais à la Corogne. — Bataille de la Corogne. — Mort du général Moore et embarquement des Anglais. — Leurs pertes dans cette campagne. — Dernières instructions de Napoléon avant de quitter l'Espagne, et son départ pour Paris. — Plan pour conquérir le midi de l'Espagne, après un mois de repos accordé à l'armée. — Mouvement du maréchal Victor sur Cuenca, afin de délivrer définitivement le centre de l'Espagne de la présence des insurgés. — Bataille d'Uclès, et prise de la plus grande partie de l'armée du duc de l'Infantado, autrefois armée de Castaños. — Sous l'influence de ces événements heureux, Joseph entre enfin à Madrid, avec le consentement de Napoléon, et y est bien reçu. — L'Espagne semble disposée à se soumettre. — Saragosse présente seule un point de résistance dans le nord et le centre de l'Espagne. — Nature des difficultés qu'on rencontre devant cette ville importante. — Le maréchal Lannes envoyé pour accélérer les opérations du siége. — Vicissitudes et horreurs de ce siége mémorable. — Héroïsme des Espagnols et des Français. — Reddition de Saragosse. — Caractère et fin de cette seconde campagne des Français en Espagne. — Chances d'établissement pour la nouvelle royauté. [364] à 589

FIN DE LA TABLE DU NEUVIÈME VOLUME.

Notes

[1]: Le reste des 80,000 jeunes soldats envoyés en Espagne était dans les hôpitaux.

[2]: Toutefois il n'y eut de formés que les 13e, 14e, 17e et 18e régiments provisoires, les détachements ayant manqué pour les 15e et 16e.

[3]: On peut, par ces divers titres, se faire une idée de la complication que l'étendue des besoins et des ressources avait fait naître dans l'organisation militaire, que Napoléon maniait avec tant de génie. Il y avait les vieux régiments de ligne français portant les numéros 1 à 112, plus les régiments légers portant les numéros 1 à 32, qui étaient répandus en Pologne, en Allemagne, en Italie, en Illyrie, et qui avaient leurs bataillons de dépôt sur le Rhin ou sur les Alpes. Il y avait en outre les régiments dits provisoires, qu'on avait formés avec des compagnies tirées des bataillons de dépôt, et qui étaient détachés en Espagne pour y servir sous une forme temporaire. Il y avait de plus les détachements tirés plus tard de ces mêmes dépôts pour aller renforcer les régiments provisoires, et qui formaient pendant le trajet des régiments de marche. Les cinq légions de réserve, dont les trois premiers bataillons composaient le corps du général Dupont, dont les quatrièmes bataillons composaient l'une des divisions du maréchal Bessières, dont enfin les cinquièmes et sixièmes bataillons restaient à organiser, présentaient une nouvelle catégorie. Il y avait enfin les Italiens, les Polonais, les Suisses, qui concouraient de leur côté à la composition des forces dont disposait Napoléon. Il faut donc suivre avec une attention soutenue ces catégories si diverses et si nombreuses, si on veut apprécier l'art prodigieux avec lequel Napoléon maniait ses forces, et si on veut surtout comprendre comment il se faisait que, malgré cet art prodigieux, les ressources commençassent à être au-dessous de l'immensité de la tâche qu'il avait malheureusement embrassée.

[4]: Ces chiffres sont pris sur les états les plus authentiques, et n'ont été adoptés par moi qu'après de nombreuses vérifications. Ils sont importants à constater avec précision, parce que le général Dupont, dans son procès, s'attribua beaucoup moins de forces que n'en supposent ces chiffres, et que l'accusation lui en supposa beaucoup plus. La vérité rigoureuse est telle que je la donne ici, après avoir vérifié les états fournis par le général Dupont, ceux qui provenaient du ministère de la guerre, et ceux enfin qui formaient les états particuliers de Napoléon.

[5]: Le seul détournement, si c'en fut un, consista à accorder aux généraux et officiers supérieurs une gratification, mentionnée d'ailleurs dans les comptes de l'armée, et dont ils avaient indispensablement besoin. Elle varia entre trois et quatre mille francs par tête. Ce fait résulte d'une procédure fort rigoureuse et fort détaillée.

[6]: Tous ces détails sont extraits de la volumineuse procédure, fort curieuse et fort secrète, instruite contre le général Dupont de 1808 à 1811.

[7]: Je ne me permets d'exprimer ces jugements sur des questions toutes spéciales, que parce qu'ils sont conformes au simple bon sens, et appuyés de plus sur des autorités irréfragables, Napoléon et Berthier. Ces jugements, en effet, quant à ce qui concerne les opérations militaires du général Dupont, ne sont que la pensée de Napoléon et de Berthier, dégagée, pour le premier des questions qu'il fit adresser par le procureur général aux accusés, et pour le second du discours qu'il prononça dans la procédure.