»Joseph.»

[3]: On a vu dans le volume précédent le général Lasalle figurer avec éclat et mourir noblement sur les bords du Danube. Pour comprendre comment il put à des époques si rapprochées se trouver sur deux théâtres si différents, il faut savoir qu'il quitta l'Espagne quelques jours après le passage du Tage et la bataille de Medellin, c'est-à-dire à la fin de mars. La nécessité de revenir en arrière pour reprendre les événements d'Espagne qui s'étaient passés en même temps que ceux d'Autriche, nous expose ainsi à remettre en scène un officier dont nous avons déjà raconté la mort héroïque. Les dates expliquent cette contradiction apparente. Tout se passe simultanément dans la nature, tandis que dans les récits de l'histoire tout doit être successif. C'est l'une des grandes difficultés de la composition historique, dont nous rencontrons ici une preuve frappante, et que nous signalons en passant.

[4]: Le roi Joseph à l'Empereur.

«Madrid, le 28 mars 1809.

»Sire,

. . . . . . . . . . . . . . . .

»Le pont près d'Almaraz est aujourd'hui bien consolidé; l'équipage de siége pourra y passer; le général Senarmont en arrive.

»Le maréchal Victor doit être à Mérida, l'armée ennemie était en pleine retraite.

»Le général Sébastiani était à Madridejos; je le crois aujourd'hui à Villa-Real.

»Je n'ai pas de nouvelles du maréchal Soult. Mais tout me fait présager une heureuse issue à toutes les opérations militaires; je le désire plus que jamais, pour pouvoir renvoyer à V. M. cinquante mille hommes, ce qui me sera possible après la soumission de Séville et de Cadix.