[43]: M. de Boutourlin suppose qu'il y eut 5 mille tués ou blessés du côté des maréchaux Oudinot et Ney, et 5 mille du côté du maréchal Victor. Ces chiffres sont inexacts. Quatre mille du côté de Victor, 3 mille du côté d'Oudinot et Ney sont à peu près la vérité. Mais les pertes de l'ennemi furent beaucoup plus grandes, car indépendamment du nombre bien plus considérable d'hommes que nous tuâmes aux Russes, nous leur fîmes environ 3 mille prisonniers par la main des cuirassiers du général Doumerc. M. de Boutourlin dit que nous perdîmes 11 mille prisonniers appartenant au corps seul de Victor, la division Partouneaux comprise. Or le maréchal Victor armé à Studianka ne conservait pas plus de 13 à 14 mille hommes avec la division Partouneaux. Il en perdit par le feu 2 mille de la division Partouneaux, 4 mille des divisions Girard et Daendels, il en ramena 5 mille; comment aurait-il pu en laisser 11 mille dans les mains des Russes? Ce sont là des exagérations évidentes. Les Russes prirent 2 mille hommes au général Partouneaux, et quelques centaines aux divisions Girard et Daendels, ce qui avec les 6 mille perdus au feu dans les trois divisions, et les 5 mille ramenés, compose les 13 ou 14 mille du corps du maréchal Victor. Les prétendus prisonniers faits par les Russes ne furent évidemment que des traînards ramassés sur les chemins. Les Russes ont parlé encore de 200 bouches à feu prises à la Bérézina. Ils prétendirent en avoir pris 220 à Krasnoé, 200 à la Bérézina, total 420. Or Napoléon n'en avait pas emporté 200 de Smolensk. D'après le rapport véridique des pontonniers, il ne resta pas un canon de l'autre côté de la Bérézina. Des traînards ramassés sur les routes, les Russes ont fait des prisonniers pris sur le champ de bataille; et des voitures de bagages ils ont fait aussi des canons pris en combattant. C'est ce qui explique chez un écrivain tel que M. de Boutourlin les étranges exagérations que nous venons de signaler.

[44]: Loin d'exagérer ces chiffres, je les ai plutôt réduits, et je les ai pris dans la correspondance même de M. de Bassano, qui envoyait tous les jours à Napoléon l'état des troupes passant par Wilna. Le chiffre des forces des généraux Schwarzenberg et Reynier, je l'ai pris dans la correspondance de ces généraux, qui certainement, en s'excusant sans cesse de ne pas obtenir de plus grands résultats, n'auraient pas exagéré les moyens dont on leur reprochait de ne pas faire un usage suffisant.

[45]: Ces assertions sont basées sur la correspondance de M. de Bassano.

[46]: La correspondance de ces deux corps d'armée donne la preuve certaine des dispositions de leurs généraux à obéir aux ordres qu'on leur aurait envoyés. Le courage de nous abandonner ne vint que beaucoup plus tard à l'Autriche; et d'ailleurs la fidélité personnelle du prince de Schwarzenberg, qui ne fléchit postérieurement que devant un grave intérêt de son pays, ne laisse aucun doute sur ce qu'on aurait pu obtenir de lui dans le moment. Nous n'avançons donc ici que des choses dont nous sommes parfaitement assuré.