REQUIEM

Bienheureux ceux qui meurent dans la paix du Seigneur!
Car leurs travaux sont finis, ils ne versent plus de larmes,
Et, dit l'Esprit-Saint, ils se reposent après le combat;
Ils ont échappé aux soins et aux tentations de la vie.

Les jours de l'exil et de la douleur sont passés pour eux;
En combattant ils ont remporté la victoire.
Ils se sont élancés, triomphants, hors des portes de la mort,
Pour entrer, pleine de joie, dans la gloire de Dieu.

Alda écouta, dans une espèce d'extase, jusqu'à ce que les chants eussent entièrement cessé; car il lui semblait que l'âme bienheureuse de son amie se fût adressée à elle, d'un autre monde, avec des accents de sainte joie, au moment de son heureux passage du temps à l'éternité. Elle était encore absorbée dans l'étonnement et l'admiration, lorsque la pieuse symphonie frappa de nouveau son oreille; s'élançant du lieu où elle était, elle suivit les sons du choeur, et reconnut qu'ils partaient d'un défilé situé au milieu de la montagne un peu au-dessous de l'éminence sur laquelle elle était assise; et, guidée par la séraphique harmonie, elle arriva jusqu'à l'endroit où un petit nombre de chrétiens s'étaient assemblés pour pratiquer en commun le culte de leur glorieux Rédempteur.

Ils chantaient une hymne qui paraissait composée pour la circonstance présente.

HYMNE

Loin des lieux habités par les hommes coupables,
Dieu tout-puissant, ton peuple a fui,
Et dans les plis cachés de la montagne
Il élève son coeur vers toi.

Dans ces solitudes profondes, Seigneur,
Nos voix s'unissent et montent jusqu'à toi;
Les forêts et les rochers retentissent
De l'hymne de la prière et de l'adoration.

Car tu es notre Dieu, tu seras notre récompense:
Et que sont les douleurs et les maux de la vie
Comment ne pas t'en rendre grâces,
Puisqu'ils mènent au ciel et à toi!

Les saints cantiques cessèrent, et il se fit un silence momentané; mais cette pause ne servit qu'à donner un effet plus puissant au chant de triomphe et de bénédiction qui termina la partie musicale de ce pieux exercice.