Manô haussa lentement les épaules.

—Je ne veux pas périr dans le Désert! déclara-t-il.

Arva se jeta sur lui et l’étreignit de toute sa tendresse; un peu de son ancien amour réchauffa l’homme. Mais, tout de suite ressaisi par l’inévitable:

—Je ne veux pas! dit-il.

Tous le supplièrent—longtemps. Targ essaya même de l’entraîner de vive force; Manô résistait avec la puissance invincible de l’inertie.

Comme l’heure avançait, on déchargea de ses provisions le quatrième planeur, et, après une prière suprême, Targ donna le signal du départ. Les avions s’élevèrent dans le soleil, Arva jeta un long regard sur la demeure où son compagnon attendait l’euthanasie, puis, secouée de sanglots, elle silla sur les solitudes sans bornes.

XII
VERS LES OASIS ÉQUATORIALES

Targ se dirigeait vers les oasis équatoriales: les autres ne recélaient que la mort.

Au cours de ses explorations, il avait visité la Désolation, les Hautes-Sources, la Grande Combe, les Sables-Bleus, l’Oasis-Claire et le Val-de-Soufre: elles contenaient quelque nourriture, mais pas une goutte d’eau. Seules, les deux Équatoriales gardaient de faibles réserves. La plus proche, l’Équatoriale des Dunes, distante de quatre mille cinq cents kilomètres, pouvait être atteinte dans la matinée du lendemain.

Le voyage fut abominable: Arva ne cessait de songer à la mort de Manô. Quand le soleil fut au haut de sa trajectoire, elle poussa un grand cri funèbre: c’était l’heure de l’euthanasie! Jamais plus elle ne reverrait l’homme avec qui elle avait vécu la tendre aventure!...