Il montrait une place, un peu derrière la tempe. Elle tressauta, ses prunelles eurent un jeu extraordinaire de désir, de colère.

Avant de partir, il alla un instant au grillage. La grande cour était reluisante. Entre les dalles, du mouron et de l’herbe croissaient en abondance. Un petit jardinet, au milieu, développait une mosaïque de géraniums alternés de plantes charnues. Une grosse boule métallique brillait comme un soleil, et une poule grise picorait au milieu de poussins jaunes. Une odeur émanait de tout cela, une odeur d’aromates plutôt qu’un parfum.

Elle vint, la folle, si légère! Ses joues étaient enflammées, ses narines frissonnantes. Elle vint, sa jolie main s’allongea, lentement, une main de travaux exquis. Cette main, ces doigts ravissants frôlèrent la grosse chevelure du gardien. Il se tourna. Il avait sa mine majestueuse de pion qui veut de l’ordre.

—Qu’est-ce que c’est que ça! fit-il tout grondant.

Au nom de la raison, il dauba du plat de la main sur l’épaule de la folle.

Elle le regarda, furieuse.

—Ah! gare! dit-il.

Elle trembla. Puis, avec la ruse des fous et des enfants, elle eut son plus doux sourire.

—Là! murmura-t-il, ne faisons pas de bêtises!

L’épais gaillard disparut, laissant toute frissonnante la merveille de beauté, de grâce et de folie.