—Comment! balbutia l'autre, scandalisé.

—Écoutez. Vous pensez bien que j'aurais gardé mes observations pour moi, crainte de vous donner de l'ennui, si je n'avais aucun motif de vous en instruire. J'avais d'abord attribué le malaise de Madeleine à quelque trouble physique, puis à des aspirations vagues... mais l'ensemble de mes notes me portent à croire qu'il y a quelqu'un. Oh! pas de gestes, je sais Madeleine incapable d'une intrigue... elle est trop loyale, elle dirait tout plutôt. Mais, mon ami, et c'est tout ce qu'il me faut savoir, dites-moi s'il n'existe pas dans les environs quelque jeune homme beau, distingué, que Madeleine pourrait entrevoir, en passant, dans sa promenade quotidienne avec la nourrice?

—La croyez-vous donc capable... à la seule vue d'un beau freluquet...

—Je crois tous les romans possibles, voilà tout, interrompit Semaise. Madeleine a justement—et ce n'est pas de ma part un reproche—la nature qu'il faut pour aimer d'un coup de passion. Mais comme je préfère pour son bonheur et le mien, que son premier coup de passion porte sur moi, vous feriez bien, cher beau-père, de répondre clairement à ma demande.

—Je ne connais personne dans les environs qui pourrait...

—Personne, bien sûr?

—Que des paysans, et tous laids, ou du moins grossiers.

—Pas de gaillard exerçant un métier original, vêtu bizarrement—pas de fils de fermier instruit à la ville?

—Non.

—C'est drôle; mais vous vous trompez peut-être... Vous pouvez avoir mal observé. Il sera bon de questionner Madame Vacreuse.