—S'il a besoin de nous, qu'il vienne donc nous chercher!

Et il commanda:

—Serrez vos affaires, prenez vos casquettes, et nous allons les dénicher à notre tour… Pourras-tu marcher jusque-là, François?

J'affirmai que oui et nous partîmes.

Il fut entendu que Mouchebœuf conduirait M. Seurel et lui servirait d'appeau… C'est-à-dire que, connaissant les futaies où se trouvaient les dénicheurs, il devait de temps à autre crier à toute voix:

—Hop! Hola! Giraudat! Delouche! Où êtes-vous?… Y en a-t-il?… En avez-vous trouvé?…

Quant à moi, je fus chargé, à mon vif plaisir, de suivre la lisière est du bois, pour le cas où les écoliers fugitifs chercheraient à s'échapper de ce côté.

Or dans le plan rectifié par le bohémien et que nous avions maintes fois étudié avec Meaulnes, il semblait qu'un chemin à un trait, un chemin de terre, partît de cette lisière du bois pour aller dans la direction du Domaine. Si j'allais le découvrir ce matin!… Je commençai à me persuader que, avant midi, je me trouverais sur le chemin du manoir perdu…


La merveilleuse promenade!… Dès que nous eûmes passé le Glacis et contourné le Moulin, je quittai mes deux compagnons, M. Seurel dont on eût dit qu'il partait en guerre—je crois bien qu'il avait mis dans sa poche un vieux pistolet—et ce traître de Mouchebœuf.