V.—A bord.
VI.—Une goélette à trois mâts.
Je scrute anxieusement l'horizon cherchant des nuages de pluie, mais le ciel est clair et le baromètre très haut. Ne pleuvra-t-il jamais?
Quelques albatros suivent mon navire et les vers du fameux poème de Coleridge hantent ma mémoire:
De l'eau, de l'eau tout autour
Et rien, rien à boire.
Le 7 juillet, je me rasai, toujours sans eau ni savon, et me coupai les cheveux. Je réparai encore ma grand'voile dont les coutures ne tenaient plus. Ce jour, une de mes balancines cassa dans la forte brise du nord-est. Le lendemain, mon clinfoc part en lambeaux dans un coup de vent. Mes écoutes cassent les unes après les autres et je dois les changer; mes voiles s'usent de plus en plus. Ma provision de fil à voile diminue trop vite à mesure que je répare.
Les sargasses sont de plus en plus nombreuses et s'enroulent autour de mon loch. Les poissons volants ont complètement disparu. Il fait chaud, trop chaud; ma soif augmente; j'ai la fièvre et ma gorge est très enflée. Du baril de bœuf salé monte une odeur insupportable. Vais-je aussi manquer de viande?