Si je ne me trompe, dit don Cléofas, j'aperçois dans la même maison un jeune homme qui rit en dormant.—Vous ne vous trompez pas, répartit le diable; c'est un bachelier qui fait un songe fort agréable: il rêve qu'un vieillard de ses amis épouse une belle et jeune personne; mais je remarque à deux pas de là trois hommes qui font des songes bien mortifiants.

Le premier est un souffleur qui rêve qu'on donne un curateur à un marquis dont il commence à souffler le patrimoine.

Puis viennent l'histoire des deux frères médecins et celle d'un courtisan qui rêve que le ministre le regarde de travers, et ensuite:

Je vois encore un courtisan qui vient de se réveiller en sursaut. Il rêvait tout à l'heure qu'il était sur le sommet d'une montagne, avec deux autres personnes de la cour, qui l'ont poussé sans qu'il y ait pris garde et l'ont fait tomber de haut en bas.

Après l'histoire du licencié qui défend l'immortalité de l'âme:

Auprès du licencié demeure un comédien qui songe qu'il répond des duretés à un auteur qui lui fait des compliments.

Je remarque dans un hôtel garni deux hommes qui font des songes que je ne veux point passer sous silence. L'un est un Italien de l'Académie de la Crusca. Il rêve qu'il lit à quelques-uns de ses confrères un mauvais poëme de sa façon, qu'ils applaudissent à charge d'autant.

Suit l'histoire de Fanfarronico, après laquelle on lit:

Vis-à-vis de l'hôtel garni, un notaire fait sa résidence. Vous voyez sa femme et lui couchés dans deux petits lits jumeaux. Ils font tous deux en ce moment des songes bien différents: le mari rêve qu'il rafraîchit une vieille écriture, et madame sa femme songe qu'elle est chez un marchand, où elle achète et paye argent comptant une riche étoffe, au même prix qu'une duchesse l'a refusée à crédit.

Cette histoire est la dernière de l'édition originale. Immédiatement après vient le dénouement: