La principale exportation c’est l’or en poudre, paillettes et pépites. Il va à Paris, où il est vendu 3 fr. 10 à 3 fr. 15 le gramme. La production officielle est en augmentation constante : elle a été de 5,000 kilogrammes en 1894, mais de 2,300 en 1897. Actuellement, elle varie de 3,500 à 4,500 kilogrammes par an. Nous l’étudierons plus en détail au chapitre des produits du sous-sol.
Une compagnie étrangère exploite des phosphorites dans l’île du Grand-Connétable, au taux de 4 à 5,000 tonnes par an, moyennant une redevance insignifiante à la Guyane. Ces phosphorites, valant 40 francs la tonne à Cayenne, vont pour les trois quarts aux Etats-Unis et pour le reste en Angleterre. Dans ces pays, on en tire du phosphate de chaux et on s’en sert pour l’extraction de l’aluminium.
L’essence de rose est un produit en augmentation constante : la Guyane en exporte en France 2,500 à 3,000 kilogrammes et plus par an, valant 50 à 60 francs en France. Les exportations de bois d’ébénisterie sont pour le moment très peu importantes.
Le caoutchouc et le balata, ce dernier surtout, ont une véritable importance en Guyane. La France importe annuellement 6 à 700 tonnes de gutta-percha, et l’Angleterre 2,500 tonnes. Or, nous avons vu que la gomme de balata peut remplacer avantageusement la gutta de Malaisie, qui, d’ailleurs, tend à disparaître. Pour le caoutchouc, la France en importe 2,000 tonnes par an, parfois 5,000 tonnes, provenant des pays étrangers, presque en totalité. Or, la Guyane n’en exporte que quelques tonnes ; il est vrai que l’arbre est bien moins abondant que le balata.
Le poivre, la girofle, la muscade, la cannelle, autrefois florissants, ne sont plus exportés qu’en quantités insignifiantes.
Le coton est également abandonné, malgré sa belle qualité. Il n’y a aucune main-d’œuvre pour s’occuper des produits ; l’or accapare tous les jeunes gens.
Pour le rocou, la Guyane a pu, vers 1878, fournir presque toute la quantité consommable dans le monde, 4 à 500 tonnes ; aujourd’hui, elle n’en exporte que quelques tonnes. Le rocou sert à teindre les bois, les vernis, la soie, la laine, le coton, etc., en rouge amarante, jaune-orange, vert-bleu, etc. Il donne aussi du brillant à des teintures plus tenaces, et paraît rendre les bois imputrescibles.
Le café de Guyane est excellent ; sa culture est pourtant presque abandonnée.
Le cacao, qui était en décadence, reprend un peu. On l’exportait aux Etats-Unis, on l’exporte maintenant en France.
La Guyane exporte encore en France des plumes de parure (aigrette blanche, ibis rouge, honoré, rapapa, etc.), des peaux et cornes de bœufs, etc., et des vessies natatoires de poissons, servant à faire la colle de poisson, la colle, etc., etc.