—C’est aussi mon vœu, mesdames, croyez le bien, mon vœu le plus cher. Mais plus d’armées, dans les circonstances actuelles, signifie plus de patries; à bas la guerre, c’est à bas la France, et, en attendant ...»
En attendant la réalisation de ce vœu si cher, ces dames pourront donc briguer le bonnet à poil du sapeur ou la canne à pomme du tambour-major, absolument comme ces messieurs seront déclarés aptes à coiffer le bonnet de nourrice et à donner le sein ou le biberon aux bébés. C’est le monde travesti et la mascarade générale.
Une autre oratrice, essayant de la conciliation, s’écria, dans un superbe mouvement d’éloquence, à l’adresse des hommes présents:
«Eh! messieurs, après tout, la différence qu’il y a entre votre sexe et le nôtre est si petite ...
—Hurrah pour la petite différence!» interrompit un des auditeurs.
Et ce fut un fou rire général.
«Vive la petite différence! Vive la petite différence!» criait-on de toutes parts.
Une dame Lambrière prit ensuite pour thème la grossièreté et la brutalité de l’homme, même de l’homme réputé bien élevé et appartenant au meilleur monde, son sauvage égoïsme en toute griève circonstance.
«Vous les avez vus, ces gentlemen, lors de l’incendie de l’Opéra-Comique! Vous les avez vus à cet autre incendie qui a fait encore plus de victimes, à l’incendie du Bazar de la Charité! Vous les avez vus, lors du naufrage du transatlantique la Bourgogne, et dans tant et tant d’autres sinistres passes! Ah! il est bien question alors de politesse et de galanterie ...
—Ah oui!