—Comment cela? demanda aussitôt Corentine, l’œil brasillant de convoitise.
—Il m’avait acheté, voilà quinze jours, dix actions des mines d’or d’Aqua-Tinta. Hier il m’a dit: «Faut vendre ça, m’ame Pipelet, ça ne montera pas plus haut.—Vendez, que j’ lui réponds!» Moi, je le laisse faire, vous concevez? Il est autrement ferré ... Malin comme un singe, que j’ vous dis, le père Sakaël! Alors il a vendu, et j’ai trois cent et des francs de bénef.»
Quelques semaines plus tard, Mme Pipelet annonçait à Corentine un nouveau gain, dû encore à l’habileté et au «nez» de M. Sakaël. Cette fois, la brave fille n’y résista plus. «Si je pouvais avoir ma part du gâteau!» se dit elle avec une frémissante impatience.
«Est-ce que ce monsieur consentirait?... demanda-t-elle à la concierge.
—A quoi, mamzelle?
—A faire pour moi ce qu’il fait pour vous? J’ai quelques économies: s’il pouvait me les faire fructifier ...
—Je veux bien lui en toucher deux mots. Je ne crois pas qu’il refuse: il ne cherche qu’à obliger le prochain, qu’à rendre service à tout le monde, M. Sakaël. Ah! c’est un chouette particulier, la perle des locataires!»
Selon les prévisions de Mme Pipelet, le petit père Sakaël voulut bien se charger d’indiquer à Mlle Rousselin quelques «bétites blacements afantageuses».
«Buisque fous fous indéressez à cette cheune bersonne, montame Bibelet! Engeanté de fous être acréaple!»