—Je vous le promets. Et cette cicatrice? ces taches?

—C’est l’affaire de trois semaines. Tout cela s’en ira. Ne vous levez pas surtout!»

La présidente ayant donné l’exemple et sauté le pas, une, deux, trois «Infécondes» la suivirent; puis une quatrième, une cinquième, une sixième, une septième; bientôt toutes les adeptes de la secte y passèrent.

Bientôt aussi la presse eut vent de la chose et en glosa. Si vous voulez bien prendre la peine de feuilleter les journaux parisiens du mois de novembre 1893, par exemple, vous y retrouverez trace de l’inauguration du Dîner des Infécondes,—«de ces agapes intimes, instituées sous la présidence d’honneur d’un chirurgien célèbre par l’habileté avec laquelle il procède à l’ablation des ovaires, et où toutes ces adorables clientes, par lui si magistralement opérées, se font un devoir d’assister».[12]

Vous y retrouverez également la fameuse chanson de Favart, appliquée, comme une sorte d’hymne national et de Marseillaise, à ces héroïques castrates:

On va leur percer le flanc,

En flin, flan, r’lan tan plan tirelire en plan!

On va leur percer le flanc; Ah! que nous allons rire!

Ah! que nous allons rire! R’lan tan plan tirelire.

Que le Ciel sera content!